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A San Francisco, le patron d’un éditeur français de logiciels appelle Hollande à “aimer les entrepreneurs”

“Il faut que la France apprenne à aimer les entrepreneurs”: c’est le message que Miguel Valdés-Faura, PDG de l’éditeur français de logiciels Bonitasoft, expatrié à San Francisco, veut faire passer lors de sa rencontre avec le président François Hollande.

M. Valdés-Faura, 35 ans, cofondateur et PDG de cette entreprise dont le siège social est à Grenoble, fait partie d’un groupe d’entrepreneurs devant s’entretenir mercredi avec M. Hollande lors de son passage dans la Silicon Valley. M. Valdés-Faura, qui s’est installé fin 2010 à San Francisco où l’éditeur de logiciels a ouvert une filiale, dit vouloir “faire passer deux messages au président” français, qualifiant sa visite dans le centre névralgique mondial des nouvelles technologies d'”une excellente chose”. “Je vais lui dire qu’il faut changer de culture, qu’il faut que la France apprenne à aimer les entrepreneurs, qu’il ne faut pas faire l’amalgame entrepreneurs et patrons”, dit celui qui, avec deux collègues, a quitté le groupe Bull pour fonder sa société en juillet 2009.

Il fait part d’un “problème d’image de la France”, notamment auprès des investisseurs. “L’affaire Dailymotion n’a pas aidé”, regrette-t-il, en référence au veto mis par le gouvernement français au rachat par Yahoo! de 75% de cette société. Le deuxième message c’est “qu’il y a un vide en France” pour les petites et moyennes entreprises (PME). Selon M. Valdès-Faura, si la France “est super quand il s’agit de créer une start-up”, il “y a un malaise dès que l’on passe les 50 salariés”.

Ce seuil déclenche un certain nombre d’obligations légales pour les entreprises, et en particulier l’installation d’un comité d’entreprise (CE), d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), la conclusion d’un accord sur la participation aux résultats de l’entreprise, et diverses formalités. “Ce n’est pas la même chose d’avoir 100 salariés et d’être une multinationale de 10 000 salariés. Il faut une politique pour chaque étape”, plaide-t-il.

Bonitasoft, qui emploie 120 salariés en France, compte augmenter ce chiffre “mais nous embaucherions encore davantage si les conditions étaient plus favorables”, déclare son PDG, déplorant en particulier le “niveau élevé de charges”. M. Valdès-Faura explique lui n’avoir “pas le sentiment d’avoir fui la France”, et justifie ainsi son installation dans la Silicon Valley: “C’est la plus haute concentration au monde de talents et d’investisseurs dans notre secteur”, et “cela ne suffit pas d’y ouvrir un bureau commercial”.

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