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A trois mois du premier tour, Hollande s’engage à “changer le destin” de la France

En meeting au Bourget à trois mois pile du premier tour de la présidentielle, François Hollande s’est lancé avec énergie dimanche dans le combat élyséen en se posant en héritier et défenseur des valeurs de la gauche pour “changer le destin de notre pays”.

“J’ai conscience de la tâche qui est la mienne : incarner le changement, faire gagner la gauche et redonner confiance à la France”, a déclaré le candidat socialiste dans un discours fréquemment interrompu par des “Hollande président!”, devant quelque 25.000 personnes, réunies pour le premier grand meeting de sa campagne. “Nous sommes ici, mes chers amis, pour changer le destin de notre pays. Je suis prêt à assumer cette responsabilité et donc à vous dire quelle est ma conception de la présidence de la République et qui justifie que je m’y présente aujourd’hui”, a-t-il insisté.

S’inscrivant dans la lignée des grands leaders de la gauche – un camp “choisi, aimé, rêvé avec François Mitterrand” -, devant pas moins de quatre anciens Premiers ministres PS (Laurent Fabius, Pierre Mauroy, Lionel Jospin, et Edith Cresson), le député de Corrèze a rappelé ses engagements sur le droit de vote des immigrés aux élections locales, le non cumul des mandats, l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives ou la baisse de 30% de la rémunération du président et des ministres.

Il s’est érigé aussi en adversaire du “monde de la finance” et en fervent défenseur de la laïcité. “Présider la République, c’est être viscéralement attaché à la laïcité”, “c’est pourquoin, j’inscrirai la loi de 1905, celle qui sépare l’Eglise de l’Etat, dans la Constitution”, a-t-il promis.

Il s’est engagé, s’il était élu, à élaborer un nouveau traité franco-allemand “en janvier 2013”, 50 ans après le traité de l’Elysée. “C’est un grand jour pour la France, le lancement de la dernière dernière ligne droite”, avait lancé la première secrétaire du PS Martine Aubry en arrivant dimanche matin au Bourget pour une réunion de cadres du parti. Peu après 15h, devant un fond couleur bleu vif et les drapeaux français et européen, François Hollande a pris la parole dans une ambiance surchauffée, devant 10 000 personnes dans la salle principale, 15.000 suivant le meeting dans une annexe, selon les organisateurs.

Au premier rang, outre les ténors PS, avait pris place sa compagne, Valérie Trierweiler au côté de Mazarine Pingeot, la fille de François Mitterrand. L’homme de théâtre Jean-Michel Ribes, l’ex tennisman reconverti dans la chanson Yannick Noah (qui a chanté avant le discours) ou encore l’acteur Denis Podalydés dans un message ont apporté leur soutien. Comme promis, Hollande a donné un ton personnel à son allocution. “Tout dans ma vie m’a préparé à cette échéance”, a-t-il dit en évoquant ses parents “une famille plutôt conservatrice mais” qui lui “a donné la liberté de choisir, par son éducation”.

Il a rendu hommage à son père “parce qu’il avait des idées contraires aux miennes et qu’il m’a aidé à affirmer mes convictions, ma mère, parce qu’elle avait l’âme généreuse et qu’elle m’a transmis ce qu’il y a de plus beau: l’ambition d’être utile”.

A la tribune dimanche matin, les responsables socialistes s’étaient succédé pour mobiliser les cadres du partis, les invitant à se mettre en ordre de marche. Le projet de François Hollande “sera un projet socialiste et ça c’est fondamental”, a souligné Pierre Moscovici, directeur de la campagne. Il a également assuré que “le mot ouvrier ne serait pas un gros mot mais un beau mot”, invitant par ailleurs à s’inspirer de la campagne victorieuse de Barack Obama aux Etats-Unis en 2008.

Le candidat sera dimanche soir l’invité du JT de TF1. Pour le détail et le chiffrage de ses propositions, il faudra attendre jeudi, jour de présentation de sa “plate-forme” présidentielle.

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