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A un an des primaires, les candidats du PS font entendre leurs différences

A dix-huit mois de la présidentielle et un an des primaires socialistes, une nouvelle phase s’ouvre au PS, où les candidats putatifs ou déclarés font entendre leurs différences, au risque de fragiliser leur unité tant affichée.

C’est avec la quatrième et dernière convention “égalité réelle”, orchestrée par le leader de l’aile gauche Benoît Hamon, que les divergences sont apparues au sein du parti. Plusieurs ténors, notamment François Hollande, Pierre Moscovici et Manuel Valls, ont appelé à l’abstention lors du vote mardi du Conseil national (parlement du mouvement), arguant du “manque de hiérarchie” et de réalisme financier des propositions, et au nom de la “crédibilité”. Jeudi, le député Jean-Louis Bianco, jugeant les mesures “souvent très intéressantes”, mais “complètement illisibles”, a plaidé pour un projet fondé sur “quatre ou cinq” propositions “extrêmement fortes”. Tous ont en commun d’être candidats pour les primaires socialistes, prévues à l’automne 2011.

Martine Aubry, Laurent Fabius, Benoît Hamon ont fustigé en choeur ces “postures”, relayés par l’ex-candidate à l’Elysée, Ségolène Royal. “Chaque chose en son temps”, le PS est dans une phase de “travail collectif”, viendra “le temps des candidatures”, a réaffirmé la présidente de Poitou-Charentes, réconciliée avec la patronne du PS. Tous gardent présent le “traumatisme profond” du congrès délétère de Reims, en 2008. Sachant que la division peut leur faire perdre 2012, ils veulent préserver cette unité retrouvée, affichée à l’université de La Rochelle en août. “Nous sommes sortis de Reims. Tout le monde a été dans son rôle et a travaillé, Martine la première. Je lui rends hommage d’avoir su surmonter les difficultés, donner une direction”, affirme à l’AFP le député Michel Sapin. Mais pour ce proche de François Hollande, secrétaire national du PS à l’économie, “on est entrés dans une nouvelle phase de différenciations. Si Dominique, Ségolène ou Benoît sont candidats aux primaires, il va y avoir des différenciations. Martine doit accepter que nous soyons dans cette phase-là, où une différenciation n’est pas une injure, pas une posture ou une incongruité”.

Cependant, plusieurs au PS estiment que Martine Aubry veut aussi “cliver par rapport à Strauss-Kahn” alors qu’elle avait “tellement dit qu’elle et lui étaient interchangeables, que le meilleur irait à la présidentielle”, observe un dirigeant. Selon ce strauss-kahnien, “elle n’a pas réussi à s’imposer dans la bataille des retraites, cette convention est l’instrument qui lui permet de cliver par rapport” au leader du FMI. “Elle aussi veut marquer sa différence”. Pour le politologue Gérard Grunberg, “la gauche du parti soutenue par Martine Aubry veut écarter définitivement la candidature Strauss-Kahn, en mettant tellement le curseur à gauche qu’il lui sera très difficile de se desserrer de cette étreinte idéologico-programmatique”. Pour lui, Benoît Hamon “pousse au maximum à cliver et à conquérir la primaire pour Martine Aubry sur une ligne de gauche pour pouvoir mieux la contrôler après”.

Hasard ou coïncidence, Anne Sinclair, épouse de Dominique Strauss-Kahn, grand absent et grand favori des sondages, a fait mercredi sur Canal+, peut-être à son insu une petite piqûre de rappel. Invoquant le “devoir de réserve absolu” du directeur général du FMI, son job “extrêmement lourd”, elle a lâché que son mari se prononcerait sur son éventuelle candidature quand il en aurait “envie”. Et soulignant au passage qu’il était bien “de gauche”.

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