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Abdou Diouf, un héritier de Senghor à la tête de la Francophonie

L’ex-président sénégalais Abdou Diouf, 75 ans, a été réélu samedi à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie, au sein de laquelle il promeut depuis huit ans une “magistrature d’influence” et défend l’héritage de son mentor Léopold Sédar Senghor.

Le poète et premier président du Sénégal avait été lui-même un des pères fondateurs, à l’aube des années 1970, de la Francophonie mondiale, qui regroupe désormais 56 membres et 14 (bientôt 19) observateurs. Son rôle au sein de la Francophonie, Abdou Diouf le définit lui-même comme “une magistrature d’influence”. “C’est le pouvoir de convaincre et non pas de contraindre, d’ailleurs je n’ai pas les moyens de contraindre”, commente-t-il.

En lui réaffirmant son soutien samedi à Montreux, le président français Nicolas Sarkozy a salué “son autorité sur la scène mondiale”. Ses collaborateurs à l’OIF vantent ses qualités de diplomate dans les crises en Afrique, dont il connaît les dirigeants.
A l’inverse certains, comme le poète sénégalais Amadou Lamine Sall, regrettent qu’il ait fait de la Francophonie une organisation “plus politique que culturelle”.
Né le 7 septembre 1935 à Louga (nord) dans une famille modeste, Abdou Diouf a étudié le droit à Dakar, avant de faire l’Ecole nationale de la France d’outre-mer, creuset de l’administration coloniale française, dont il est sorti major. En 1960 à l’indépendance, il est rentré au Sénégal et a commencé, à 25 ans, une carrière de haut fonctionnaire. D’abord gouverneur de la région, puis directeur de cabinet du président Léopold Sédar Senghor, il a ensuite occupé le poste de Premier ministre pendant onze ans. En 1981, il a succédé au “père de la Nation” lorsque celui-ci a démissionné. Très largement élu président en 1983, il a été réélu en 1988 et 1993. Après avoir présidé le Sénégal pendant près de 20 ans, Abdou Diouf a accepté l’alternance démocratique en 2000 quand, battu par son rival Abdoulaye Wade, il a quitté le pouvoir sans heurts et s’est retiré en France.
Les Sénégalais, en butte à la pauvreté et lassés par quarante ans de règne socialiste, avaient élu le libéral Wade triomphalement. La présidence d’Abdou Diouf a aussi été assombrie par le conflit indépendantiste en Casamance, déclenché fin 1982.
Musulman, marié à une catholique avec qui il a quatre enfants, Abdou Diouf dit avoir fait le serment de ne jamais commenter l’action de son successeur, refusant de répondre aux questions à ce sujet.
Au fil des années, Abdou Diouf s’est impliqué dans de nombreuses médiations, notamment quand il fut président de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et de la Conférence islamique.

Gestionnaire mais aussi fin politicien capable de composer avec ses pires ennemis, il a toujours donné de lui l’image d’un homme calme, voire timide, rejetant les effets oratoires. Il est surnommé “la girafe” par la presse satirique, en raison de sa grande taille.

 

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