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Accident de car meurtrier en Californie : les victimes françaises déposent plainte

Les 32 touristes français et les familles des victimes de l’accident de car meurtrier le 28 avril dernier à Soledad, en Californie, ont entamé des poursuites judiciaires afin d’obtenir des réparations financières. Les frais d’hospitalisation de certains s’élèvent jusqu’à un million de dollars.

« Tout le monde est poursuivi, sauf l’État de Californie puisque l’infrastructure routière était en parfait état », explique Pierre-Yves Lendormy, avocat à San Francisco en charge de l’affaire. « Le conducteur, le propriétaire du bus et les compagnies responsables de l’organisation du tour sont accusés », continue-t-il. Les poursuites pour homicide délictuel (wrongful death) et négligence ont été enregistrées par la cour de justice de Monterey lundi dernier, presque deux mois après l’accident.

Le 28 avril, un car de la compagnie Orion Pacific qui transportait 34 touristes français venus faire un tour de l’Ouest américain, s’était couché sur la route 101 entre San Francisco et Los Angeles, à hauteur de Soledad. Deux personnes étaient mortes sur le coup dont le chauffeur lui-même et deux autres avaient péri quelques heures plus tard. Le premier rapport d’enquête rendu par la police le 14 mai mettait en cause le chauffeur, John Agnew, qui avait déjà été impliqué dans un autre accident de car en 2005 à Las Vegas. « Dans le dossier déposé et enregistré lundi à la cour, nous soutenons que le tour operator français et son équivalent canadien auraient dû s’assurer que le conducteur tenait la route, » explique Pierre-Yves Lendormy. Des négociations avec les hôpitaux et les docteurs sont en cours pour essayer de trouver un arrangement financier, puisque les frais hospitaliers de certaines victimes s’élèvent jusqu’à un million de dollars. « Pour l’instant, les frais n’ont pas encore été payés, mais il va absolument falloir trouver une solution, » termine Pierre-Yves Lendormy.

De retour dans le Nord, Aldo Drandic et sa femme Virginie qui a dû se faire amputer d’un bras à la suite de l’accident, le confirment : les dépenses hospitalières s’accumulent et ils n’ont pour l’instant reçu aucune avance financière. « Ma prothèse va coûter 20 000 euros et il faudra la changer dans huit ans », explique Virginie. « Il y a aussi tous les petits frais annexes auxquels on ne pense pas mais qui finissent par faire cher : les gants stériles, les crèmes… Et puis, nous allons devoir acheter une voiture automatique pour que je puisse continuer à conduire. »

Virginie, pourtant, s’estime chanceuse. En tant que fonctionnaire, elle va sans doute pouvoir se mettre en arrêt maladie long et toucher son salaire pendant un an. Pour l’instant, elle est en demi-salaire et n’obtiendra pas les primes de fin d’année. « Par rapport aux autres victimes, nous nous en sortons bien », explique encore la jeune femme qui a des contacts réguliers avec les autres touristes français. « Certains n’ont eu aucune blessure physique, mais sont complètement traumatisés. Par exemple, nous avons eu des nouvelles d’un de nos compagnons de voyage qui était chauffeur de métro à Paris. Et bien, il n’est plus capable de reprendre le volant, tant il a été choqué. Il va être mis en préretraite. » À Faches-Thumesniles, le couple Drandic garde le moral. Virginie fait de la rééducation tous les matins à l’hôpital et continue les démarches pour l’adoption de leur enfant. « La vie reprend progressivement. Le week-end dernier, on a été au concert d’AC/DC à Lille pour nous changer ! », termine en riant cette femme courageuse.

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Le cauchemar d’Aldo et Virginie

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