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Accord à l’arraché à Copenhague pour lutter contre le réchauffement climatique

Un accord à l’arraché jugé, de l’aveu des négociateurs, “insuffisant” pour combattre la menace du changement climatique, a été obtenu in extremis sur la déclaration politique de Copenhague, où les chefs d’Etat de la planète ont dû jouer les prolongations.

“Après une rencontre multilatérale entre le président (américain Barack) Obama, le Premier ministre (chinois) Wen, le Premier ministre (indien) Singh et le président (sud-africain) Zuma, un accord significatif a été obtenu”, a indiqué un responsable américain sous couvert d’anonymat. “Ce n’est pas suffisant pour combattre la menace du changement climatique, mais c’est une première étape importante”, a-t-il cependant reconnu.

Dans ce document, les dirigeants prévoient de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport aux niveaux pré-industriels, l’objectif affiché de la conférence sur le climat, selon la même source. Mais les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pour les pays industrialisés à l’horizon 2020 ne seront décidés qu’en janvier, selon des diplomates.

Les négociations débutées depuis 12 jours butaient sur l’épineuse question de la répartition des efforts pour contrer le réchauffement. Washington et Pékin notamment s’opposaient sur ce point. Par deux fois vendredi le président Obama a rencontré le Premier ministre chinois Wen Jiabao sur les sujets qui opposent toujours les deux premières puissances mondiales après douze jours de travaux: les garanties de vérification des engagements, le financement de la lutte contre le réchauffement et le niveau des émissions.

M. Obama a ensuite rendu compte de ses entretiens aux dirigeants européens, dont la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy, qui ont multiplié les consultations depuis jeudi.

Une nouvelle version du projet de déclaration politique avait été soumise en fin d’après-midi aux dirigeants, comportant un objectif mondial de réduction de 50% des émissions mondiales de gaz à effet de serre à horizon 2050.

Un objectif auquel la Chine et les autres grands émergents refusaient obstinément depuis six mois de souscrire tant que les pays industrialisés ne réhausseront pas leurs ambitions pour leurs propres réductions d’émissions d’ici 2020.

Selon les scientifiques, ces engagements devraient viser des réductions de -25 à -40% en 2020 par rapport à 1990 pour permettre de contenir l’envolée du thermomètre mondial.

Face à la difficulté d’accorder les points de vue, le Premier ministre indien Manmohan Singh avait appelé à prolonger les négociations en 2010 pour parvenir à “un accord réellement global et une réponse authentiquement solidaire au changement climatique”.

A l’inverse, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui a quitté vendredi soir la capitale danoise, était apparu déterminé à faire bouger les lignes dans la capitale danoise, se déclarant prêt à “faire un sacrifice” pour aider financièrement les pays les plus vulnérables et permettre un accord.

Une proposition, a-t-il insisté, qu’il n’avait encore jamais partagée “ni avec (son) peuple, ni avec (son) parlement” et qui fait bouger les lignes de partage traditionnelles entre pays industrialisés, responsables “historiques” du CO2 accumulé dans l’atmosphère, et pays en développement.

Cette déclaration politique des leaders, qui doit servir de “chapeau” à un accord plus global visait à débloquer les négociations sous l’égide de l’ONU.

Les différentes versions qui se succèdent visent toujours à limiter le réchauffement planétaire à 2°C maximum par rapport aux niveaux pré-industriels.

Une aide financière immédiate de 30 milliards de dollars sur trois ans (2010-2012) serait apportée aux pays les plus vulnérables et le package atteindrait progressivement 100 milliards de dollars par an d’ici 2020.

Aucun objectif chiffré de réduction des émissions polluantes n’est consigné à ce stade dans l’accord, il faudra attendre janvier qu’ils le soient.

L’addition des promesses faites à ce jour publiquement par les différents pays conduirait à une hausse de la température moyenne de la planète de 3 degrés, bien au-delà de l’objectif souhaité des 2 degrés, selon une note confidentielle des Nations unies dont l’AFP a obtenu une copie.

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