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Adieux à un grand ami de San Francisco

Henri Monjauze a eu une belle et longue carrière, mais il était avant tout l’un des piliers de la communauté française de San Francisco. Cet amoureux de la France a disparu le 14 juin dernier dans sa maison de Napa à 73 ans. France-Amérique rend hommage à un grand homme.

Henri Monjauze tenait beaucoup à San Franscico. C’est dans cette ville qu’il a vu le jour en 1937. Né de parents français, il possédait donc la double nationalité américaine et française.  Il a passé toute sa vie en Californie, au service des Français expatriés pendant ses cinq mandats consécutifs d’élus à l’Assemblée des Français de l’Étranger (AFE). Il n’a aussi cessé d’effectuer des allers-retours en France, son pays de cœur, pour assister aux réunions de l’AFE. Sa fille Nicole se souvient : « Il était le premier ami des nouveaux arrivants sur le territoire américain. Tout le monde l’adorait. Il était toujours le premier à apporter son aide ».

Cependant, son action envers la communauté française de San Francisco ne s’est pas arrêtée là… Henri Monjauze fut l’un des fondateurs et président de la chambre de commerce franco-américaine, puis le président de l’Alliance française ainsi que le président du Comité de la communauté française de San Francisco, et la liste est longue ! « Mais sa plus grande fierté, précise Nicole, fut la réalisation du Lycée La Pérouse. En tant que parent-fondateur, il était l’ancien trésorier et président du conseil d’administration de l’établissement. C’était pour lui comme un accomplissement de cette fédération entre les cultures américaine et française qui lui tenait tant à cœur ».

En 1978, la France le remercia pour son fervent engagement auprès de la communauté française : il fut décoré de l’Ordre national du Mérite et dix ans plus tard, Jacques Chirac le l’eleva au rang de chevalier de la Légion d’honneur. « Il a consacré toute sa vie à l’intégration de la culture française et de la culture américaine », confie sa fille Nicole. Une dévotion pour la communauté française qui semble être de famille, puisque son père, Camille Monjauze, avait déjà été conseiller économique auprès du consulat de France de 1936 à 1944 et de 1956 à 1961. Dans sa jeunesse, Henri Monjauze a effectué le début de sa scolarité à San Francisco, puis dans un pensionnat en Belgique avant de revenir finalement dans la Bay Area pour étudier à l’université de Berkeley en Californie. Il a aussi servi dans l’armée américaine comme sergent.

Henri Monjauze a presque toujours vécu à San Francisco, avant de déménager à Napa en 2001. Pendant plus de cinquante ans, il a travaillé dans des compagnies d’assurances et occupait le poste de président de Duler&co avant d’être emporté. Henry Monjauze « aimait la bonne nourriture, ses amis, les cigares, le bon vin français, l’histoire, la géographie, les voyages mais, avant tout, il aimait sa famille, » soupire sa fille. Il laisse derrière lui Jean Monjauze, sa femme et sa passion depuis 50 ans, ses deux filles Nicole et Denise, son fils Marc, son frère Philippe et Bernard qui vivent en France, sa sœur Dominique et deux petits-enfants. « Pour lui rien n’était impossible. Si cela devait être fait, il ne se posait pas de questions et il fonçait, affirme Nicole avec une grande admiration, je ne dis pas cela uniquement parce qu’il est mon père, mais il avait ancré en lui cette notion de devoir qui lui permettait d’aller au bout de ses promesses ».

 

La famille préfère que les dons en sa mémoire aillent directement à l’Hospice de Napa Valley, 414 South Jefferson Street, Napa, CA 94 559.

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