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AF 447 : une famille porte plainte contre le BEA

La famille de l’une des victimes du crash du vol Rio-Paris, qui a fait 228 morts en juin 2009, a déposé une plainte, accusant le Bureau d’enquêtes français (BEA) d’avoir “fait obstacle à la manifestation de la vérité”, a annoncé mercredi son avocat.

“Nous n’avons pas reçu communication de cette plainte”, a déclaré une porte-parole du BEA.

Dès le lendemain de l’accident, le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), organisme français dirigeant l’enquête technique placé sous la tutelle du ministère des Transports, a été chargé des investigations pour retrouver l’épave de l’Airbus A330 du vol AF447. Le champ de débris de l’appareil a finalement été localisé lors de recherches sous-marines le 3 avril.

“L’épave a été retrouvée dans la zone initialement exploitée par le BEA (…) Il apparaît donc que la zone où l’épave a été découverte avait été explorée en juin 2009”, selon l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou.

“En explorant immédiatement après le crash la zone où a été retrouvée l’épave, le BEA était nécessairement en mesure d’identifier l’avion, ce qu’il n’a pas fait pour des raisons inexpliquées à ce jour”, estime-t-il dans la plainte déposée contre X.

“Le BEA indique qu’une enquête est en cours pour connaître les raisons de ce dysfonctionnement. Or il semble inconcevable qu’un organisme puisse enquêter sur ses propres dysfonctionnements”, qui sont “d’une particulière gravité”, écrit l’avocat de la famille.

Le directeur du BEA, Jean-Paul Troadec, avait indiqué le 8 avril que la zone où l’épave a été découverte, avait été explorée peu après l’accident. Il avait alors rappelé qu’il s’agissait de détecter par des moyens acoustiques uniquement les balises installées sur l’avion censées émettre des signaux pendant au moins 30 jours.

Le BEA s’efforce de savoir pour quelles raisons les balises n’ont pas été détectées. Soit elles n’ont pas fonctionné, soit le matériel utilisé ne pouvait pas capter des sons émis à cette profondeur: l’épave repose par 3.900 mètres de profondeur.

Seules les boîtes noires, toujours recherchées, pourraient permettre de lever le voile sur ce dysfonctionnement de même que sur les causes exactes de la catastrophe.

Me Bouzrou redoute qu’en raison du “délai écoulé depuis le crash” les boîtes noires, si elles sont retrouvées, ne puissent plus désormais être exploitées.

Pour la famille, “il est permis de penser que des individus ont volontairement recelé des éléments de nature à faciliter la découverte d’une infraction, la recherche de preuves ou la condamnation des coupables”.

La 4e phase de recherches avait été lancée fin mars pour retrouver l’épave disparue après trois campagnes infructueuses (10 juin-10 juillet 2009, 27 juillet-17 août 2009 et 29 mars-mai 2010) qui ont coûté 21,6 millions d’euros. Le repêchage des débris de l’avion d’Air France a débuté mardi.

Sur le plan judiciaire, Airbus (EADS) et Air France ont été récemment mis en examen pour homicides involontaires.

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