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AFE : onze sièges de conseillers pour représenter les expatriés français d’Amérique

Le 7 juin prochain se dérouleront les élections des conseillers de l’Assemblée des Français de l’Étranger (AFE) dans la zone Afrique-Amérique. Aux États-Unis, 11 sièges sont à prendre, répartis dans les circonscriptions de Washington, San Francisco, Houston et Chicago. Les candidats, qui ont déposé leur liste fin mars, cherchent à mobiliser des expatriés qui brillent souvent par leur abstention.

Tous les six ans, les expatriés inscrits sur les listes électorales consulaires sont appelés à choisir les membres de l’Assemblée des Français de l’Étranger qui jouent un rôle d’intermédiaires avec le gouvernement et élisent les 12 sénateurs de l’étranger.

Cette année, sur le continent africain et américain (Zone A), les élections se tiendront le 7 juin. Aux État-Unis, onze sièges sont à prendre, soit deux de plus qu’en 2003. La circonscription de San Francisco passe de trois à quatre sièges, celle de Washington de six à cinq, celles de Houston et de Chicago, nouvellement créées, en compte un chacune.  Dans les circonscriptions où il y a moins de trois postes à pourvoir, le scrutin est majoritaire. Il est proportionnel dans les autres cas.

D’ici fin avril les électeurs devraient recevoir les bulletins de vote et les programmes fournis aux différents consulats par les candidats. Ils pourront voter par correspondance jusqu’au 5 juin ou, du 20 mai au 4 juin, via Internet, un système testé aux États-Unis en 2003. Son utilisation a d’ailleurs permis d’enrayer un phénomène paradoxal : si le nombre d’expatriés augmente, le taux de participation aux élections baisse. Ce scrutin en particulier mobilise traditionnellement peu les expatriés (21,28 % se sont rendus aux urnes en 2003 dans la zone A). La simplification des modalités pourra rémédier à ce mal endémique mais ce n’est pas la seule piste. Dans son rapport paru en 2007 et intitulé 10 proposition pour améliorer la participation des français de l’étranger, l’AFE préconise notamment d’améliorer, au niveau local et national, l’information sur le rôle du conseiller et sur les actions d’une assemblée dont les électeurs entendent parler tous les six ans. Les candidats l’ont bien compris. Armés de mailing lists, ils comptent communiquer avec les inscrits via courriel et sur un site de soutien le plus interactif possible. Leur statut d’expatriés leur impose cependant une obligation de réserve sur le territoire américain qui n’est pas toujours compatible avec une campagne électorale.

Les Français de l’étranger ont souvent des préoccupations qui transcendent les clivages politiques puisqu’à l’AFE, les décisions sont généralement adoptées à l’unanimité. Les élections ravivent cependant des rapports de force representées le plus souvent à gauche par Français du monde-ADFE (Association démocratique des Français de l’Étranger) et à droite par l’UFE (Union des Français de l’Étranger) avec, aux États-Unis, un net avantage pour les élus se réclamant de la droite ou du centre-droit.

Tous les candidats, quelle que soit leur couleur politique, font campagne autour des thèmes habituels de la solidarité sociale et surtout du coût particulièrement élevé aux États-Unis de la scolarisation dans les écoles françaises. Cette année avec la crise en toile de fond, ces problèmes sont plus que jamais au cœur des préoccupations des expatriés.

Dans la circonscription de Chicago, qui comprend les 13 États du Midwest, Marc Billon est soutenu par Francais du monde-ADFE, un mouvement qui rassemble les divers courants de gauche. Son adversaire est le conseiller sortant Charles Balesi – élu dans la circonscription de Washington -, soutenu par l’UFE. Tous deux font de l’accès à l’enseignement du français une priorité.

Sur la côte Ouest, Claude Girault (Francais du Monde-ADFE) cherche à décrocher un cinquième mandat dans une circonscription qui s’étend du Colorado à l’Alaska en passant par l’île de Guam. Il sera opposé sur sa droite à Gérard Michon et Jean-Claude Zambelli. Les deux hommes, respectivement numéro un et numéro deux sur la même liste il y a six ans, font maintenant bande à part, l’UMP soutenant le premier et l’UFE le second. Une quatrième liste, la seule aux États-Unis du Mouvement démocrate (Modem-USA) va tenter, sous la conduite de son président Franck Barrat, de bousculer l’ordre établi.

Dans la circonscription de Washington qui regroupe les consulats de Boston, Washington, New York, Miami, et Atlanta, le Modem-USA a preféré faire alliance avec l’ADFE. Son vice-président Remi Piet est placé en sixième position sur la liste de Christiane Ciccone qui remplace Christophe Monier, démissionnaire, mais très actif au sein du comité de soutien.
Le choix sera difficile sur la côte Est puisque pas moins de six listes vont s’opposer pour cinq sièges disponibles, soit un de moins qu’en 2003. On y retrouve des noms bien connus de la communauté française : Nicole Hirsh soutenue par l’UMP et l’UFE, Renaud Granel qui bénéficie également du soutien de l’UFE, et Richard Ortoli pour l’Union au Centre. À gauche, outre la liste Francais du monde-ADFE, on trouve celle de Jean Lachaud pour

l’Association des Français d’Amérique. Face à ces « poids lourds » une liste se fait remarquer, celle des « Jeunes Français  d’Amérique »  constituée en majorité de professionnels  du monde de la finance à Manhattan et emmenée par Benjamin Rouah un banquier de 33 ans.

Une multiplicité de choix que ne connaît pas la circonscription de Houston – qui inclut le Texas, la Louisiane, l’Arkansas et l’Oklahoma -, ce que déplore Damien Regnard, (UFE), seul en lice, qui aurait aimé un peu de compétition pour animer le débat. À noter qu’à Chicago et Houston où un seul siège est disponible, Marc Billon, Charles Balesi et Damien Regnard se présentent avec une suppléante, parité oblige.

Les candidats ont maintenant deux mois pour occuper le terrain et convaincre les électeurs qu’ils sont les plus à même de défendre leurs intêrets. Et ce, alors que l’annonce de la création des postes de députés de l’étranger en 2012, onze dont deux pour les Amériques suscite déjà des ambitions dans l’Hexagone, la crainte des parachutages à l’étranger et une inquiétude à l’AFE : quel rôle dans le futur pour ses conseillers ?

Lire nos interviews :

Damien Regnard

Christiane Ciccone

Nicole Hirsh

Jean-Claude Zambelli

Claude Girault

Franck Barrat

Gérard Michon

Charles Balesi

Marc Billon

Benjamin Rouah

Jean Lachaud

Richard Ortoli

Renaud Granel


 

 

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