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Affaire Bettencourt : le PS poursuit son offensive

Le Parti socialiste continue de réclamer justice et commission d’enquête parlementaire malgré l’intervention de Nicolas Sarkozy qui a tenté de clore un mois de polémiques avec la démission d’Eric Woerth de son poste de trésorier de l’UMP.

A l’approche de la pause estivale, et à l’appui de l’abandon par le ministre du Travail de son poste de trésorier du parti majoritaire, source de conflit d’intérêts aux yeux du PS, Elysée et gouvernement espèrent avoir circonscrit l’incendie. Mais le premier parti d’opposition ne l’entend pas de cette oreille. Sa patronne, Martine Aubry, multiplie les interventions dans les médias pour dénoncer une “crise morale” et réclamer un changement de politique ainsi qu’un “un remaniement moral”.

Pour Mme Aubry, en démissionnant de son poste de trésorier de l’UMP, “M. Woerth a reconnu qu’il y avait un conflit d’intérêts” entre ses deux fonctions, mais, affirme-t-elle sur France 2, “il n’a pas tiré toutes les conséquences”, de l’affaire. “Est-il normal qu’un ministre du Budget aille chercher de l’argent pour son parti auprès de personnes qu’il doit contrôler?”. “Nous avions demandé une commission d’enquête parlementaire, elle est refusée. Nous demandons un magistrat indépendant”, martèle la maire de Lille, répétant que le procureur Philippe Courroye, à l’origine de plusieurs enquêtes dans cette affaire, est “à la fois juge et partie” car “mis en cause” dans des enregistrements clandestins.

Le rapport, lundi, de l’Inspection générale des finances, dépendant de Bercy, qui exempte M. Woerth d’une intervention dans le volet fiscal de l’affaire Bettencourt lorsqu’il était ministre du Budget, est balayé par le PS : “C’est un peu un rapport Baroin sur M. Woerth”, s’exclame sa numéro un, en allusion au successeur de M. Woerth à Bercy. “Il reste beaucoup d’éléments troubles”, “il faut clarifier, sinon il restera quelque chose de sale, qui fera le lit du Front national et des extrémistes”, estime la patronne du PS. A l’Assemblée nationale, lors d’une séance houleuse, les socialistes se sont succédé à la tribune pour taper sur le même clou : Bruno Le Roux rappelle l’affaire de la succession de la famille Wildenstein, autre affaire “d’évasion fiscale”, où, selon lui, “l’ex-ministre du Budget avait été personnellement alerté” et où “l’administration fiscale, pourtant informée, est restée soigneusement inerte”. Marisol Touraine trouve “choquant d’entendre que les socialistes seraient à l’origine” d’un “complot avec les médias” pour éviter d’avoir à discuter du dossier des retraites”.

Le PS ne se satisfait pas non plus d’une “commission multipartite” proposée par le président Nicolas Sarkozy pour éviter les conflits d’intérêts : “Ce sont des gadgets, occupons-nous de choses sérieuses”, lance Laurent Fabius. Mais, souligne Jérôme Fourquet, de l’IFOP, l’offensive du PS comporte des risques notamment du fait du “calendrier”, qui n’est pas propice : “On rentre dans la période estivale” et à défaut d'”éléments médiatiques nouveaux” susceptibles “de remettre le feu aux poudres et à la polémique”, il sera “difficile de tenir la distance”. Le PS risque aussi, selon ce politologue, de se trouver en décalage avec les Français qui semblent “un peu résignés, un peu désabusés sur les moeurs politiques de notre pays” et qui, “en majorité, souhaitent qu’on se concentre sur les questions des retraites, de la sécurité, des finances publiques”.

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