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Affaire DSK : quand la France se fait “basher” par les Américains

“Chauds lapins”, “grenouilles”, “Louis XIV” ou “mangeurs de foie gras”. Avec l’affaire DSK, des Américains peuvent à nouveau s’adonner à l’un de leurs sports favoris: se moquer des Français et de leurs coutumes exotiques. Les Français de New York rient jaune, mais “jouent le jeu”.

Aux Etats-Unis, se moquer des Français et de leurs coutumes a un nom: le “French bashing”. Et les avatars de l’actualité française, comme la grève des joueurs de football lors de la dernière coupe du monde ou la célèbre main de Thierry Henry, marquent à chaque fois l’amorce d’une nouvelle salve de “French bashing”.

Depuis une semaine, les ingrédients de l’affaire DSK, sexe, pouvoir, médias, relations franco-américaines, agissent comme un cocktail détonant.

Vendredi, le New York Post, un tabloïde, montre en pleine Une un DSK qui se frotte les mains en apprenant sa libération sous caution. Le titre, “Frog legs it” (“La grenouille prend ses jambes à son cou”), est un modèle du genre.

Dans le journal, l’article commence par des mots en français: “Au revoir Rikers”, du nom de la prison où DSK était placé en détention. Un autre tabloïde, le Daily News, ironise, en français dans le texte: dur, à Rikers il n’y avait ni “hors-d’oeuvre”, ni “foie gras”.

A la télévision, certains talk-shows du soir se sont délectés du scandale. DSK “a été arrêté pour avoir agressé sexuellement une femme de chambre. En français, on appelle ça le service d’étage”, s’est amusé l’humoriste Jay Leno.

“Le candidat à la présidentielle française Strauss-Kahn, ou devrais-je plutôt dire l’ancien candidat à la présidentielle française ? Pas sûr remarque, c’est la France…”, blague l’humoriste new-yorkais Jon Stewart alors que derrière lui apparaissent en incrustation un drapeau français puis une baguette.

L’animateur se moque ensuite du philosophe Bernard-Henri Lévy qui s’est étonné du fait qu’une femme de chambre seule, et non une “brigade de ménage”, soit entrée dans la chambre du Sofitel. Jon Stewart se moque du terme utilisé. “Ca ne se sait pas beaucoup mais pendant la Seconde Guerre mondiale l’Allemagne a conquis Paris grâce à une brigade de ménage armée de balais”.

Sur Twitter, les Américains s’en donnent à coeur joie. “Rien ne rassemble plus les Américains que le French bashing. USA! USA! USA!”, écrit Andrea Chapman, du Missouri.

Même si les moqueries restent l’apanage des journaux populaires, les autres médias ne sont pas en reste. Le New York Times a ainsi offert jeudi une tribune à Stephen Clarke l’auteur britannique de “la bible” du “French bashing”, “A year in the merde”.

Il évoque des hommes politiques français très “Louis XIV” à la réputation de “chauds lapins” (en français) et le “régime équilibré” des Français “qui ne manquent pas d’énergie”. “Mon pronostic”, écrit-il, “c’est que même si DSK est condamné, il retournera un jour en France (…) et finira ministre. Ministre de l’égalité des sexes?”

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