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Affaire Polanski: un ancien procureur de Los Angeles affirme avoir menti

Un ancien procureur de Los Angeles, dont les révélations dans un récent documentaire sur Roman Polanski avaient mis en lumière de graves irrégularités dans le procès du cinéaste en 1977, a déclaré mercredi au Los Angeles Times qu’il avait “menti”.

David Wells, âgé de 71 ans et aujourd’hui à la retraite, avait révélé dans le documentaire “Roman Polanski: wanted and desired” (Roman Polanski, recherché et désiré) qu’il avait discuté avec le juge de l’affaire avant qu’il ne rende sa sentence et lui avait dit que le cinéaste méritait la prison.

Cette rencontre présumée avait eu lieu alors que Roman Polanski attendait sa sentence définitive, après sa condamnation pour “relations sexuelles illégales” avec une adolescente de 13 ans. Le cinéaste, craignant d’être condamné à une longue peine de prison, avait fui les Etats-Unis en janvier 1978.

“Ce n’était pas vrai”, a déclaré Davis Wells au Los Angeles Times. “J’en ai parlé comme d’une déclaration stupide, mais la réalité c’est que c’était un mensonge”, a-t-il ajouté.

Les avocats de Roman Polanski s’étaient emparés des révélations du procureur après la diffusion du documentaire sur la chaîne américaine HBO, pour dénoncer “un ensemble de mauvais comportements et de communications entre la Cour et le bureau du procureur, en violation de l’égalité devant la loi et sans que l’accusé ni ses avocats en aient eu connaissance”.

Davis Wells — qui n’était pas en charge de l’accusation dans l’affaire Polanski — a affirmé au quotidien qu’il avait inventé l’histoire parce qu’il pensait que le documentaire ne serait pas diffusé aux Etats-Unis. Le juge de l’époque, Laurence Rittenband, est décédé en 1993.

Roman Polanski, qui était considéré depuis 1978 comme un fugitif par les Etats-Unis, a été arrêté en Suisse samedi, provoquant une onde de choc dans les milieux politiques et culturels.Le bureau du procureur de Los Angeles a affirmé qu’il allait demander son extradition.

Les avocats de Roman Polanski s’étaient en partie appuyés sur les révélations de David Wells pour demander à la justice, en décembre 2008, un abandon des poursuites à l’encontre du cinéaste, considérant qu’il n’avait pas bénéficié en 1977 d’une procédure pénale équitable.

La requête avait été rejetée en mai dernier, en raison de l’absence du réalisateur à l’audience. Le juge, Peter Espinoza, avait cependant admis qu’il y avait eu, “apparemment, une faute professionnelle substantielle” de la part du parquet quand l’affaire avait éclaté.

David Wells a déclaré mercredi au Los Angeles Times qu’il avait informé de son mensonge le bureau du procureur “il y a plusieurs mois” et qu’il s’en était excusé.

Il a ajouté que c’est l’arrestation de Roman Polanski en Suisse samedi, à la demande de la justice américaine, qui l’avait décidé à rendre public son mensonge.

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