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Affaires de pédophilie : l’Eglise catholique défend Benoît XVI

Dans la tourmente des scandales de pédophilie, l’Eglise catholique a exprimé vendredi son soutien au pape, sous le feu d’attaques que le prédicateur du Vatican a comparé, de façon indirecte, à l’antisémitisme.

Devant le pape Benoît XVI, qui présidait la liturgie de la Passion du Christ à la basilique Saint-Pierre, le père Raniero Cantalamessa a donné lecture d’une lettre de “solidarité” au pape et à l’Eglise, qu’il a dit avoir reçu récemment d’un “ami juif”.

“Je suis avec dégoût l’attaque violente et concentrique contre l’Eglise [et] le pape”, écrit l’auteur de la lettre cité par le prédicateur de la maison pontificale. “L’utilisation du stéréotype, le passage de la responsabilité et de la faute personnelles à la faute collective me rappellent les aspects les plus honteux de l’antisémitisme”, poursuit-il.

Au cours de ce sermon consacré à la violence, le père Cantalamessa avait affirmé auparavant qu’il ne parlerait pas de “celles infligées aux enfants dont se sont entâchés de façon infâme un nombre conséquent d’éléments du clergé”, car “on en parle déjà suffisamment en dehors d’ici”.

Benoît XVI a reçu vendredi de nombreux messages de solidarité. Après les attaques sévères du New York Times contre Benoît XVI, le cardinal américain William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a remercié “pour avoir introduit les procédures qui ont aidé l’Eglise à agir face au scandale des abus sexuels”.

Des intellectuels français ont aussi appelé les médias à une “éthique de responsabilité”, dans une lettre publiée sur internet (www.appelaverite.fr) et reprise par l’Osservatore Romano. Les 70 signataires y “rendent hommage au pape de sa volonté de faire la lumière sur ces cas” et déplorent “l’emphase et l’escalade médiatique qui (les) accompagnent”, dénonçant leur “partialité, manque de connaissance ou vive satisfaction”.

En France, la mise en cause à la veille de Pâques de deux prêtres de Rouen dans des affaires de pédophilie a semé la consternation parmi la communauté des croyants. L’archevêque de Rouen, Mgr Jean-Charles Descubes, a donné la primeur de l’information aux prêtres du diocèse réunis traditionnellement pour la messe chrismale qui se tient chaque année le jeudi saint.

L’archevêque de Rouen a préféré prendre les devants et révéler cette affaire avant qu’elle ne soit rendue publique par d’autres sources. “Ma pensée va d’abord à la victime qui a dû construire sa personnalité et sa vie avec une souffrance occultée pendant de longues années”, a écrit l’archevêque dans son communiqué.

Le principal mis en cause, le Père Jacques Gaimard, 68 ans, directeur de l’antenne locale de Radio chrétienne de France (RCF) a reconnu les faits, selon son avocat Pierre Houppe. Ce dernier ajoute que l’ouverture de l’enquête a fait suite à une plainte déposée à son encontre, pour des faits datant de 1992 et 1993, ainsi qu’à quatre signalements “pour des affaires qui datent de plus de vingt ans et qui sont aujourd’hui prescrites.

Malgré ces scandales à répétition, près de deux tiers des habitants de cinq grands pays européens pensent que les valeurs et le message de l’Eglise sont toujours d’actualité, selon un sondage Ifop paru vendredi dans La Croix, réalisé sur des échantillons représentatifs de la population de plus de 18 ans, soit 1.009 personnes en Europe.

Le sondage a été fait en France, Allemagne, Italie, Espagne, Grande-Bretagne. Dans l’ensemble, ils sont 61% à juger que “les valeurs du christianisme sont toujours d’actualité” mais les résultats varient selon les pays : c’est l’avis de 70% des Italiens et 69% des Britanniques mais seulement de 51% des Français.

Quant aux priorités des églises chrétiennes au 21ème siècle, 44% répondent “agir pour la paix dans le monde”, 41% “lutter contre la pauvreté ici chez nous”, 30% “agir pour plus de justice” et 20% “faire connaître le message de l’Eglise”.

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