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Affaires en France : l’exécutif en difficulté sur deux fronts

L’exécutif s’est retrouvé mardi attaqué sur deux fronts: la Commission européenne l’a menacé de poursuite en justice pour les expulsions de Roms, et la gauche a crié au “scandale d’Etat” après les accusations d’espionnage visant l’Elysée de la part du quotidien Le Monde dans l’affaire Woerth/Bettencourt.

La politique d’expulsion des Roms mise en oeuvre en France avait déjà suscité des critiques internationales, mais mardi, les attaques de la Commission européenne sont montées d’un cran. Viviane Reding, en charge de la Justice et des droits fondamentaux, a parlé de “honte” et s’est dit “convaincue que la Commission (n’aurait pas) d’autre choix que de lancer une procédure d’infraction contre la France” pour non respect de la législation de l’UE. C’est la révélation d’une circulaire du ministère de l’Intérieur visant explicitement les Roms pour les expulsions –circulaire remplacée lundi par un texte ne mentionnant plus d’ethnie particulière– qui a provoqué l’ire de la commissaire. “Je pensais que l’Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la Deuxième guerre mondiale”, a lancé Mme Reding, ajoutant: “Je vais être très claire: les discriminations ethniques ou raciales n’ont pas leur place en Europe”. Paris a exprimé son “étonnement” après ces déclarations, mais a refusé “la polémique”. “Nous ne pensons pas que c’est avec ce type de déclarations que nous pourrons améliorer le sort et la situation des Roms, qui sont au coeur de nos préoccupations et de notre action”, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.

Sur le front intérieur, les accusations d’espionnage lancées par Le Monde contre l’Elysée dans l’affaire Woerth/Bettencourt ont continué à provoquer un torrent de réactions indignées à gauche. “On change de République. On s’asseoit sur l’Etat de droit, on s’asseoit sur la loi, et donc il faut que toute la lumière soit faite”, a déclaré la numéro un du PS Martine Aubry, en réclamant “une explication du gouvernement et de l’entourage du président de la République”. Le chef de file des députés PS Jean-Marc Ayrault a évoqué une “affaire d’Etat”, tandis que Ségolène Royal a fustigé “le dévoiement de la politique”. Lundi, l’eurodéputée Eva Joly (Europe Ecologie) avait dénoncé un “Sarkogate”.

Comme l’Elysée la veille, le gouvernement a démenti avoir commandité au contre-espionnage l’enquête sur l’informateur d’un journaliste du Monde dans l’affaire Woerth/Bettencourt. “Jamais, je dis bien jamais, le gouvernement n’a entravé la liberté de la presse, jamais le gouvernement n’a porté atteinte à la protection des sources des journalistes”, a affirmé le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel.

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