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Afghanistan: un second militaire français tué dans l’accrochage à Alasay

L’accrochage lundi dans l’est de l’Afghanistan a fait un second mort parmi les soldats français, un officier succombant mardi à ses blessures à l’hôpital militaire américain de Bagram, à une soixantaine de kilomètres au nord de Kaboul.

Le décès de cet officier, annoncé par le ministère de la Défense à Paris, porte à 38 le nombre de militaires français ayant trouvé la mort en Afghanistan depuis le déploiement des premières troupes internationales fin 2001.

“Capitaine expérimenté”, selon l’armée de terre, Fabrice Roullier, 39 ans, s’était engagé à l’âge de 24 ans et servait depuis juillet 2008 à la 1e Brigade mécanisée de Châlons-en-Champagne.

L’officier avait été très grièvement blessé par des tirs à l’arme légère lors d’un accrochage en lisière d’un bazar dans la vallée d’Alasay, au nord-est de Kaboul. Huit militaires français et une trentaine de soldats afghans y patrouillaient à pied lorsqu’ils ont été pris pour cible par des insurgés.

Il n’y a aucune perte en revanche parmi les soldats afghans.

Le ministre Hervé Morin a déclaré “s’associer à la douleur de ses proches”, exprimant “sa reconnaissance à l’égard de cet officier qui a donné sa vie pour permettre à l’Afghanistan un retour vers la paix”.

Un premier militaire français, un infirmier du 402e régiment d’artillerie, le sergent-chef Mathieu Toinette, 27 ans, également stationné à Châlons-en-Champagne, avait péri lundi dans cette attaque.

Les deux hommes étaient arrivés en Afghanistan le 21 septembre 2009. Ils faisaient partie de l’une des six équipes d’instructeurs (OMLT, Operational Mentoring and Liaison Teams), fortes de 300 hommes au total, déployées par la France.

Ces OMLT sont l’un des piliers de la stratégie de l’Alliance atlantique visant à former des dizaines de milliers de soldats afghans appelés à prendre progressivement le relais des forces étrangères.

Trois postes de combat ont été installés tout au long de cette vallée d’Alasay par les forces françaises et afghanes, lors de sa conquête au printemps 2009.

Inséré dans une compagnie d’appui du 32e Kandak (bataillon) de l’Armée nationale afghane (ANA), le capitaine Roullier était plus particulièrement chargé d’enseigner aux soldats l’usage du mortier, sur une arme de fabrication soviétique datant du début des années 50.

Début décembre, l’officier avait expliqué avec enthousiasme à l’AFP que son objectif était de leur permettre “de travailler en autonomie totale”, tout en relevant que c’était “un problème avec des soldats pour la plupart illettrés”.

“Après les mortiers, on a encore plein de travail, on les forme au tir de combat, au secourisme, à l’extraction de blessés et au pilotage de Humvee”, avait-il expliqué lors d’une visite de son poste avancé, position exiguë installée en surplomb de la vallée.

Celle-ci est située à quelques kilomètres au nord du village d’Omarkheyl où deux journalistes de France 3 et leurs trois accompagnateurs ont été enlevés le 30 décembre.

Les incidents sont fréquents dans cette région où les insurgés attaquent les convois à la Kalachnikov, à la mitrailleuse, voire au lance-roquettes ou au mortier. Sans compter les mines artisanales, menace permanente pour les soldats de la coalition.

Les forces internationales en Afghanistan ont connu un journée noire lundi, déplorant la mort de trois Américains, de deux Français et d’un Britannique.

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