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Al-Qaïda : situation des otages français retenus dans le monde

Le Premier ministre François Fillon a estimé lundi soir que “personne aujourd’hui ne peut dire” si la mort d’Oussama Ben Laden constitue une bonne nouvelle ou non pour les deux otages français en Afghanistan, et jugé qu’il fallait “éviter tout commentaire”.

Lundi matin, le ministre de la Défense Gérard Longuet avait estimé que le décès du chef d’Al-Qaïda dans une opération américaine au Pakistan pouvait jouer “positivement” sur le sort des deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, otages depuis décembre 2009 en Afghanistan.

“Je pense que personne aujourd’hui ne peut le dire”, a toutefois affirmé François Fillon, interrogé sur le sujet au journal de 20 heures de France 2.

“Ce que je peux vous dire, c’est que le gouvernement va intensifier ses efforts pour obtenir leur libération, comme celle des otages au Sahel ou de notre otage en Somalie”, a poursuivi le chef du gouvernement.

Relevant que les deux journalistes français étaient aux mains d’un mouvement taliban “qui ne se revendique pas d’Al-Qaïda”, il a dit espérer que les ravisseurs “comprendront qu’ils sont engagés dans une voie sans issue”.

Mais “il faut se garder de faire aujourd’hui des analyses à chaud sur des conséquences que personne n’est en mesure d’imaginer”, a-t-il insisté.

Les négociations avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), en vue d’obtenir la libération de quatre otages français dans le Sahel, “continuent” après la mort du chef d’Al-Qaïda, Oussame Ben Laden, a appris lundi une source proche de la médiation.

“Pour le moment (les ravisseurs) n’ont pas rompu les négociations, elles continuent”, a déclaré un membre de la médiation composée de Maliens et de Nigériens. “Pour le moment, je ne suis pas inquiet pour les Français”, a-t-il ajouté, sans vouloir donner plus de détails.

Plus tôt dans la journée, une source malienne également proche de la médiation, avait estimé que la mort d’Oussama Ben Laden était “une mauvaise nouvelle” pour les otages français, car elle risquait de retarder et de durcir les négociations en vue de leur libération.

Oussama Ben Laden a été tué lors d’une opération américaine menée dans la nuit de dimanche à lundi au Pakistan, au nord d’Islamabad.

Aqmi retient en otages quatre Français qui faisaient partie d’un groupe de sept personnes enlevées le 16 septembre 2010 à Arlit, sur un site d’extraction d’uranium dans le nord du Niger du groupe nucléaire français Areva.

Le 24 février, trois des otages (une Française, un Togolais et un Malgache), avaient été relâchés près du point de jonction des frontières de l’Algérie, du Mali et du Niger, un des théâtres d’opération d’Aqmi.

Aqmi a diffusé le 27 avril une vidéo des otages “suppliant” le président français Nicolas Sarkozy de retirer ses troupes d’Afghanistan, une demande immédiatement rejetée par Paris.

Cette exigence, qui avait déjà été formulée par Oussama Ben Laden lui-même, s’accompagne, selon des sources proches des négociations, d’une demande de rançon de 90 millions d’euros.

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