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Alexandre Desplat, la french note à Hollywood

Alexandre Desplat, cité aux César et aux Oscar, est sans doute l’un des Français les plus connus et estimés d’Hollywood dont il met en musique les plus belles productions depuis une décennie.

Dans la tradition des Maurice Jarre, Georges Delerue, Michel Legrand ou Vladimir Cosma, le compositeur perpétue l’exportation d’une french note qui lui vaut simultanément une nomination au César de la meilleure musique pour “The Ghost Writer”, de Roman Polanski, et à l’Oscar pour “Le Discours d’un roi” de Tom Hooper. Déjà trois fois primé pour le premier, il a encore reçu un Bafta (le César britannique) pour le second: c’est l’Année Desplat sur les tapis rouges.

“Ce ne sont que des nominations. Mais c’est déjà énorme, avec tellement de films en compétition chaque année dans le monde, tellement de compositeurs et si peu de Français qui parviennent à se faufiler”, se réjouit-il de passage à Paris – une de ses escales avec Londres et Los Angeles. Auteur des musiques de près de 90 films, il a notamment signé les BO de “The Queen”, “L’étrange histoire de Benjamin Button”, “Syriana”, le dernier “Harry Potter”, “Un Prophète” et “De battre mon coeur s’est arrêté”, de Jacques Audiard, ou le récent “Largo Winch 2”.

“J’ai toujours voulu écrire de la musique de films, j’ai toujours été cinéphile, depuis l’adolescence”, raconte-t-il en convoquant les films qui l’ont inspiré : “Casanova” de Fellini, “Lawrence d’Arabie, bien sûr”, “Les Demoiselles de Rochefort”, “Star Wars” ou “Les Misfits”… “Il y en a des tonnes… c’est pour ça que mes musiques fonctionnent: parce que je les écris avec une passion cinéphilique, qui s’accorde vraiment à une passion musicale de toujours”.

“Le plus important, c’est comprendre la dramaturgie”

Passion nourrie dès cinq ans, au piano puis à la flûte, à la trompette, l’enfance baignée dans un univers musical importé de Californie par des parents – un père français et une mère grecque- fous d’Amérique. Son premier film en 1992 avec Colin Firth, “L’Heure du cochon”, le fait connaître en Angleterre. “Mais c’est ‘La Jeune fille à la perle’ qui m’a ouvert les portes d’Hollywood” – avec Colin Firth encore, le George VI du Discours d’un roi qui décidément lui porte chance. “Ce sont des musiques, point”, insiste-t-il.

Pour écrire, il “écoute” d’abord le film, plusieurs fois sans le regarder: “Cette écoute me permet de construire la tonalité, l’instrumentation, la tessiture qui vont venir épouser les dialogues. Le plus important, c’est de comprendre la dramaturgie”. Il ne bâcle jamais, “par amour-propre et par amour de mon travail”. Mais il peut décliner une offre qu’il “ne sent pas”. “Il faut que ça m’émeuve. Et que ça fonctionne avec le réalisateur. J’aime collaborer de près, j’ai besoin de ce rapport. Il n’y a rien de plus beau que de travailler sur un bon film. Quand en plus, les gens avec lesquels on travaille sont les bonnes personnes…”

Comme avec Polanski, “qui vous galvanise et qui vous élève. Le simple fait de travailler avec lui vous fait réfléchir et progresser”, insiste-t-il. Même à distance, quand le metteur en scène était reclus dans son chalet suisse, assigné à résidence. Avec sa haute silhouette ténébreuse, Alexandre Desplat aurait l’allure de “l’Aigle noir”. Mais ce serait oublier qu’il a aussi signé “Oh mon bateau” -oh oh oh- (initialement, pour un film), immortalisé par Eric Morena. Et mis en musique quelque 600 sketches de Karl Zéro. “J’aime bien déconner”, confie-t-il sobrement.

 

Bande annonce de “The Ghost Writer”

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