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Allez les Bleus !

France Amérique : Où en est-on côté organisation de la compétition ?
Bernard Lapasset : Nous réalisons ce dont nous avons rêvé ! Nous avons vendu 2 millions de billets ce qui veut dire que les stades sont pleins. Et nous sentons un réel enthousiasme populaire : on parle de rugby partout en France. Le second élément qui me réjouit c’est que nous avons reçu plus de 2000 projets d’associations pour encadrer la compétition. Pendant 47 jours, la France va devoir montrer qu’elle sait accueillir les fans de rugby du monde entier. Ils ne seront pas déçus : en dehors des matches, il y aura des pièces de théâtre, des concerts et même un concours de la plus belle vitrine chez les boulangers ! Cela devrait plaire aux étrangers. Savez-vous que 30 % des billets ont été achetés hors de France ? D’ailleurs pour la première fois, nous en avons beaucoup vendu aux Etats-Unis. Nous ne savons pas s’il s’agit d’expatriés français ou de nouveaux passionnés de rugby américains, mais cela est tout à fait nouveau !

FA : On connaît bien « l’effet coupe du monde de football ». Recherchez-vous à créer la même chose avec le rugby ?
B.L : Évidemment nous rêvons tous d’un final identique à celui de 1998 pour le football ! Mais selon moi, en 1998 l’engouement du public a grandi au fur et à mesure de la progression des Bleus. Or là, l’intérêt du public semble déjà très fort. Bien sûr nous aimerions nous aussi voir les rugbymen français champions du monde, pour ressentir un énorme bonheur collectif mais cela appartient aux joueurs !

FA : Parlons de nos rugbymen justement, comment se sentent-ils ? Ils ne partent pas favoris…
B.L : Cet été le XV de France s’est beaucoup entraîné sous la pluie et cette météo désastreuse nous a compliqué la tâche ! D’abord comme tout le monde, les rugbymen préfèrent jouer sous le soleil et puis le temps influe aussi sur leur mental, en exacerbant les tensions. Néanmoins, l’équipe est très motivée. Tous sont au rendez-vous et engagés à 100%. C’est vrai que cette coupe du monde paraît un peu inaccessible. Les parieurs anglais donnent favoris l’Afrique du Sud, puis la Nouvelle-Zélande et en 3e la France. Raphaël Ibanez, le capitaine du XV de France pour cette coupe du monde, a résumé ainsi sa vision des choses: « Favoris ou pas, pour être champions du monde il faut gagner 7 matches. C’est notre objectif ! » Je suis d’accord avec lui. N’oublions pas que celui qui gagne c’est souvent celui qui en a le plus envie et qui s’en donne les moyens.

FA : Le président de la République a encouragé les joueurs et précisé que si cette coupe du monde était un échec, il en porterait une part de responsabilité. Une pression supplémentaire ?
B.L : La pression est omniprésente avec un tel événement. Pour nous la première pression c’est que cette coupe du monde se déroule en France. C’est la première fois qu’un pays non anglophone l’organise. La France a perdu les Jeux Olympiques de 2012, on a aussi parlé d’une période un peu morose, alors nous espérons tous que les Français puissent s’enthousiasmer pour la Coupe du monde de rugby. Le président de la République a aussi dit que « l’essentiel n’est pas de gagner mais de donner le meilleur ». Après il suffit d’un rien d’un rebond, d’un arbitrage et tout peut s’effondrer ! Mais pour l’instant nous faisons un rêve d’émotion, un rêve de bonheur…

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