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Américains et Européens vers la création d’un “Fonds mondial vert”

La réunion du Forum des économies majeures ont progressé, lundi et mardi à Paris, vers la création d’un “Fonds mondial vert”, qui permettrait de financer la lutte contre le réchauffement climatique, sans aplanir toutes les divergences entre Européens et Américains.

Cette proposition, baptisée “proposition mexicaine” car initialement formulée l’an dernier par le Mexique, prévoit la création d’un fonds mondial auquel contribueraient l’ensemble des pays, industrialisés et en développement, à l’exception des pays les plus démunis.

“On a avancé sur un sujet majeur qui est le financement et l’architecture financière. Ce n’est pas définitif, mais on sent qu’il y a un vrai consensus”, a déclaré M. Borloo au cours d’un point de presse à l’issue d’un sommet de deux jours à Paris du Forum des économies majeures (MEF).

De son côté, l’émissaire spécial américain pour le climat, Todd Stern, a indiqué qu’il n’avait “aucune objection” à ce plan mexicain. “Nous devons l’examiner avec attention mais c’est globalement une bonne idée et une contribution très constructive à la discussion sur le financement”, a-t-il estimé.

Ce “Fonds mondial vert” serait alimenté par tous les pays du monde, à l’exception des très pauvres, “en proportion de leurs émissions de gaz à effet de serre historiques, de leurs émissions actuelles et de leur PIB”, a précisé M. Borloo, jugeant qu’un accord sur ce point était envisageable lors de la prochaine réunion du MEF, prévue au Mexique les 22 et 23 juin.

Ce fonds servirait à financer des programmes de lutte contre le réchauffement mais également d’adaptation à ce dernier. Le MEF rassemble les pays du G8, les grands émergents (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Mexique) ainsi que la Corée du Sud, l’Indonésie et l’Australie. Ces pays représentent 80% des émissions des gaz à effet de serre (GES) de la planète.

Stricto sensu, l’enceinte des négociations climatiques est la Convention de l’ONU sur le changement climatique (UNFCC). Mais, à l’approche du rendez-vous de Copenhague, en décembre, où doit se dessiner l’architecture d’un accord post-2012, les rencontres se multiplient, à tous les niveaux.

Le retour des Etats-Unis dans la “diplomatie climat”, après huit années d’immobilisme sous la présidence Bush, a été accueilli avec un énorme soulagement.

Mais les Européens, qui se sont engagés sur une réduction d’au moins de 20% de leurs émissions de GES (30% en cas d’accord international) à l’horizon 2020 par rapport à 1990, jugent que les propositions américaines (environ – 4% à -6%) restent insuffisantes à ce stade.

Mardi soir, M. Stern a défendu le niveau d’ambition de l’engagement américain.”Le niveau d’effort dont nous parlons (…) est environ le même que ce que l’Europe propose de faire”, a-t-il estimé.

“Nous sommes probablement le seul pays qui mette en place une véritable politique contraignante dans la durée, non seulement à l’horizon 2020, mais aussi 2040, 2050”, a-t-il ajouté.

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