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Amnesty International demande des poursuites contre l’ancien président Bush

Amnesty International et un élu américain ont appelé l’administration Obama à poursuivre en justice l’ancien président George W. Bush, qui avoue avoir donné l’ordre de faire parler des détenus au moyen de la simulation de noyade dans ses mémoires publiés mardi.

“L’aveu du président Bush (…) est suffisant pour déclencher l’obligation internationale qu’ont les Etats-Unis d’enquêter sur cet aveu et de le poursuivre s’il est avéré”, a déclaré Rob Freer, un responsable d’Amnesty International, dans un courriel adressé à l’AFP. Dans un communiqué, l’organisation de défense des droits de l’homme demande aussi aux Etats-Unis de mettre en place une enquête indépendante pour faire la lumière sur les violations des droits de l’homme commises au nom de la “guerre contre le terrorisme” sous la présidence de M. Bush (2001-2009). Dans “Instants décisifs”, ses mémoires parus mardi aux Etats-Unis, M. Bush raconte qu’il a autorisé la CIA à utiliser la simulation de noyade à l’encontre du cerveau autoproclamé des attentats du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed.

La simulation de noyade consiste à verser de l’eau sur les voies respiratoires d’un individu immobilisé la tête en bas sous une serviette imbibée, afin de provoquer une sensation de suffocation. Selon une note interne du ministère de la Justice révélée en avril 2009, la CIA a soumis 183 fois Khaled Cheikh Mohammed à la simulation de noyade après son arrestation au Pakistan en 2003. Amnesty International rappelle que les Etats-Unis ont ratifié en 1994 la convention des Nations unies contre la torture et ont à ce titre l’obligation de poursuivre les auteurs d’actes de torture. Dans ses mémoires, M. Bush explique que la simulation de noyade n’était pas de la torture, sur la base d’un avis de son ministère de la Justice. L’administration Obama a depuis estimé que cette pratique était bien de la torture et l’a proscrite.

Un membre de la Chambre des représentants, Jerrold Nadler, s’est dit “scandalisé” par les révélations de M. Bush et a appelé le ministre de la Justice, Eric Holder, à nommer un procureur spécial pour enquêter sur les faits “et poursuivre ceux qui s’en sont rendus complices à tous les niveaux de l’Etat”. Malgré les multiples appels d’élus et d’associations de défense des droits de l’homme depuis son arrivée à la Maison Blanche, Barack Obama a toujours refusé d’engager une enquête criminelle contre les choix de son prédécesseur ou de son administration. Eric Holder a en revanche nommé un procureur spécial en août 2008 pour enquêter sur des agents de la CIA qui ont outrepassé les ordres qui leur étaient donnés dans la conduite d’interrogatoires antiterroristes après le 11-Septembre.

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