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Anatomie de Caravan Palace

Ils parcourent ensemble les scènes internationales et se connaissent par cœur. Collègues, amis, collocs parfois. C’est un drôle de lien qui unit les musiciens de Caravan Palace.

Il existe des bandes de potes mythiques, qui, avec du talent, ont créé des groupes. Et puis il y a Caravan Palace. Le travail et le goût pour le jazz ont engendré une amitié entre chacun des membres. À croire qu’ils font tout à l’envers.

Ces musiciens de tous bords se sont retrouvés autour d’un projet : dépoussiérer le swing. Ou plutôt non ! Faire vieillir la musique électro… Enfin bref mélanger les styles, abattre les frontières, pour faire passer un seul message : « Enjoy ». Petit à petit se sont greffés des satellites autour du trio de base : Hugues Payen (violon et scat), Charles Delaporte (contrebasse) et Arnaud Vial (guitare). À grands coups d’audition, les pièces manquantes du puzzle apparaissent. Sonia Fernandez (chant), Antoine Toustou (machine) et Camille Chapellière (clarinette) intègrent la formation.

Le groupe c’est comme le corps humain

Ils se découvrent et s’apprivoisent doucement. Ils ont surtout réussi à conquérir le public français avec ce mélange de jazz-manouche et de sons électroniques. Depuis deux ans ils parcourent les plus grandes scènes de France, et les voilà qui entament une tournée en Amérique du Nord. « Le poisson rouge », salle de concert new-yorkaise, les accueillait jeudi 8 juillet.

C’est lors de ces longues tournées que chacun tient une place particulière. Des positions moins affirmées au quotidien où la promiscuité et le stress sont peu présents. Entre les musiciens et l’équipe technique, treize personnes vivent ensemble jour après jour à des milliers de kilomètres de chez eux. « On serait en droit de craquer, » explique Hugues. Pourtant être si nombreux permet de toujours trouver quelqu’un qui peut remonter le moral des troupes : « Nous sommes comme un corps humain. Nous avons assez d’anticorps pour combattre tous les différents microbes que nous rencontrons. »

Tout ce beau monde reste difficile à gérer. Caravan Palace a besoin d’une organisation très calibrée. D’autant qu’avec la notoriété acquise dans l’Hexagone, cette clique s’est habituée à un certain confort. Mais il faut en faire abstraction aux États-Unis où l’album éponyme est sorti ce mois-ci. Les dates défilent et l’équipe avale des kilomètres chaque jour. D’ailleurs ce manque d’organisation se ressent à quelques heures de leur représentation new-yorkaise, le 8 juillet. Des coups de sang ici et là retentissent dans le couloir. Lior, technicien, sourit à moitié : « C’est ce qui est bon avec Caravan Palace. Ça gueule mais au moins on sait à quoi s’attendre. » Après la tempête chacun reprend son rôle.

Dans un tel système, chaque rouage a son importance. Il a pourtant fallu pallier l’absence de Sonia durant tout un été, en 2009. Et un souci médical a pratiquement empêché Hugues de se joindre à la tournée américaine : « Je préfère que le groupe survive sans l’un de nous ; mais les autres refusaient de jouer si je ne venais pas. » Une fois en France, chacun repart dans son petit monde. Sonia ne vit pas à Paris comme ses partenaires : « Mais nous nous voyons de temps en temps. Nous vivons autant une aventure artistique qu’humaine. » Alors pour eux, puisque la mayonnaise a pris, autant en faire profiter le public. Caravan Palace lui propose donc de rentrer dans sa sphère musi-amicale et de découvrir les rythmes endiablés d’un nouveau genre de swing.

Infos pratiques ‘

Les dates http://www.myspace.com/caravanpalace

Le 9 juillet à la French Library de Boston

Le 13 juillet au Music on the Halfshell de Roseburg (Oregon)

Le 14 juillet au zoo de Portland

Le 16 juillet au grand Performances de Los Angeles

Le 18 juillet au Stern Grove Festival de San Fransico

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