Subscribe

Ancre jetée pour la traversée New York-Lorient en plein air

À 19 heures 11min et 15 s, heure française, Benoît Lequin et Pierre-Yves Moreau ont mis les voiles ce lundi 24 août après des semaines d’attente. Les deux marins ont quitté New York à bord de leur catamaran sportif OCTO Finances pour réaliser une première mondiale : la traversée de l’Atlantique nord en catamaran non habitable.

« C’est comme si on partait sur une barque non bâchée », s’accordent à dire Benoît Lequin et Jean-Yves Moreau. Ces deux aventuriers des temps modernes sont partis lundi en soirée afin de  traverser l’Atlantique à bord de leur catamaran non habitable de 6 mètres. « On a choisi de partir de New York pour la symbolique que cette ville représente avec sa statue de la Liberté. L’arrivée se fera chez nous à Lorient », explique Benoît Lequin, 36 ans.

Depuis l’annonce de leur périple, les deux marins attendaient une fenêtre météo propice de sept jours afin de jeter l’ancre. Leurs derniers moments sur la terre ferme, ils les ont passés au téléphone avec leurs femmes et leurs enfants, restés en Bretagne.

Les deux navigateurs ont construit leur propre bateau pour réaliser ce record, soit le fruit d’un travail de 1000 heures. « Pour le moment, aucun catamaran non habitable n’a traversé l’Atlantique », assurent-ils. Une première mondiale qui devrait durer une quinzaine de jours. « On emmène pour 17 jours de nourriture. Tout devient compliqué sans cabine. L’humidité sera continuellement présente. Notre espace vital se résume à un réchaud et une mini-tente », décrit Jean-Yves Moreau, 38 ans.

Ces conditions de vie n’ont pas l’air d’effrayer les deux marins qui n’en sont pas à leur première traversée. En 2007, ils ont fait un Dakar-Pointe-à-Pitre en 11 jours alors que le  précédent record était de 13 jours. « Cette fois, c’est nous qui allons être la référence temporelle. Nous allons donc davantage favoriser la sécurité que la performance », insistent les deux hommes.

Même si la mer n’a aucun secret pour eux, ils savent que chaque traversée est différente et comporte des risques. « La route Atlantique nord est délicate. La météo change vite et l’eau est à environ 5 degrés. Il y a aussi des zones très poissonneuses et brumeuses », résume Jean-Yves Moreau.

Le seul contact avec la terre sera celle avec leur météorologue deux fois par jour.  Une balise fixée sur le catamaran permettra à leurs amis marins de les localiser. Pour le reste, les deux pères de famille devront compter l’un sur l’autre. « Sur ce genre de projet, on ne part pas avec n’importe qui. Avec ce bateau peu conventionnel, il est facile de se retourner. Il faut donc avoir confiance l’un envers l’autre pour pouvoir le laisser naviguer seul pendant qu’on dort », estime Benoît Lequin.  « On se complète. On est comme un couple ! » ajoute son ami en plaisantant.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related