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Anesthésiant defecteux: un condamné à mort américain a souffert

Un troisième condamné à mort américain est mort dans d’atroces souffrances car l’anesthésiant fourni par une firme britannique et utilisé pendant son exécution avait été inefficace, a affirmé dimanche l’association de défense des droits des prisonniers Reprieve.

L’avocat Dale Baich, témoin de l’exécution, a assuré dans une déclaration sous serment à l’association que Jeffrey Landrigan, condamné pour meurtre, avait gardé les yeux ouverts pendant son exécution en octobre dans l’Arizona, un indice montrant que l’anesthésiant avait été inopérant. Selon l’organisation, les trois prisonniers auxquels a été administré ce produit, du thiopental fourni par la firme britannique Dream Pharma, ont semblé conscients alors qu’ils auraient dû être dans le coma.

Mark Heath, anesthésiste à l’hôpital Columbia de New York, a expliqué que normalement le condamné devrait avoir les yeux fermés et être immobile après l’administration de l’anesthésiant, et que dans le cas contraire, les produits utilisés pour l’injection mortelle lui causeraient de fortes souffrances. “L’asphyxie causée par le pancuronium et les sensations de brûlure dues au potassium seraient douloureuses en l’absence d’anesthésiant adéquat”, a souligné le médecin dans une déclaration sous serment.

Selon lui, les exécutions incriminées étaient totalement inhabituelles. “D’après mes études sur les injections mortelles, il est tout à fait inhabituel et surprenant que les yeux d’un prisonnier restent ouverts après l’administration appropriée du thiopental”, a déclaré le Dr Heath. Une explication possible était que le thiopental manquait d’efficacité. L’organisation prépare une action en justice demandant que l’autorité britannique de contrôle des médicaments oblige la firme Dream Pharma à rappeler tous ses produits anesthésiants.

Dream Pharma a exporté du thiopental aux Etats-Unis car ce produit y était en rupture de stock. L’Arizona avait utilisé ce produit importé pour exécuter Jeffrey Landrigan fin octobre, avec l’accord de la Cour suprême, mais sous un flot de critiques.

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