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Angolagate: chiche en révélations, Charles Pasqua accuse Jacques Chirac et poursuit le juge Philippe Courroye

Charles Pasqua, condamné à un an de prison ferme dans l’affaire de l’Angolagate, a réitéré jeudi ses accusations contre Jacques Chirac, sans apporter les “révélations” promises, se contentant d’annoncer une plainte contre l’ancien juge qui a instruit l’affaire, Philippe Courroye.

“Ce n’est pas une affaire judiciaire, c’est une affaire d’Etat”, a lancé l’ancien ministre de l’Intérieur devant un parterre de quelque 200 journalistes appâtés par les promesses de “révélations” de M. Pasqua, de “faire trembler un certain nombre de personnages de la République”.

“Le comportement de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin a été inacceptable”, a-t-il asséné, les accusant plus tard sur RTL de “lâcheté”.

Le sénateur a souhaité qu’une pétition de parlementaires soit lancée pour réclamer la levée du secret défense dans les affaires de vente d’armes.

Interrogé par l’AFP, l’Elysée a affirmé que le président Nicolas Sarkozy, comme il l’a lui-même récemment rappelé à des journalistes, ne s’est jamais opposé à la levée du secret défense.

Jacques Chirac s’y est dit également favorable pour le dossier de l’Angola.

Charles Pasqua a été condamné fin octobre à un an de prison ferme pour son rôle dans l’Angolagate, affaire de trafic d’armes (1993-1998). Ces armes ont été vendues sans autorisation officielle française pour 790 millions de dollars.

L’ancien ministre a été reconnu coupable de trafic d’influence passif pour avoir favorisé l’attribution de l’ordre du mérite à l’homme d’affaires russe Arcadi Gaydamak. Cette décoration a été remise deux jours après le versement d’environ 230.000 euros sur le compte d’une association dont M. Pasqua était vice-président.

Charles Pasqua a réaffirmé devant la presse que “les plus hautes autorités” du pays étaient au courant des ventes d’armes dès décembre 1995 par note de la DGSE (sécurité extérieure) adressée à “treize destinataires” dont l’Elysée, les Affaires étrangères et la Défense.

En décembre 1995, “Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Bertrand Landrieu, Jacques Foccart, Hervé de Charette, Charles Millon étaient donc informés par la DGSE des ventes d’armes vers l’Angola”, a-t-il accusé.

M. Foccart était le “M. Afrique” de l’Elysée, Charles Millon ministre de la Défense, M. de Charette ministre des Affaires étrangères et Bertrand Landrieu directeur de cabinet de M. Chirac.

“Comment, puisque la justice a estimé que ces ventes d’armes sont illégales, ces autorités n’ont-elles rien fait pour arrêter ces opérations et ne sont-elles pas poursuivies pour complicité?”, s’est exclamé le sénateur.

Sur les faits qui lui sont directement reprochés, il s’est dit victime d’une “ignominie”, n’étant pas homme “à se prostituer” pour “la vente d’une décoration”.

Seule surprise, M. Pasqua a annoncé le dépôt d’une plainte contre Philippe Courroye pour “destruction, soustraction et détournement de preuves”. Cette plainte contre X a été enregistrée jeudi par le parquet de Paris.

Elle vise l’absence, dans la procédure, d’une note déclassifiée de la DST de 1998 portant sur le rôle joué par M. Gaydamak dans la libération des pilotes français.

Interrogé par l’AFP, Philippe Courroye, aujourd’hui procureur de Nanterre, n’a pas souhaité réagir. Une source proche du magistrat a cependant indiqué que “Charles Pasqua” avait “été condamné par un tribunal, non par M. Courroye”.

“Pendant sept années d’instruction, M. Pasqua a eu accès au dossier et a pu mener tous les actes qu’il entendait mener pour se défendre”, a ajouté cette source.

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