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Anne Hidalgo apporte son soutien à Corinne Narassiguin et aux femmes en politique à New York

Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, était à New York le 28 février pour s’entretenir avec Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et directrice d’ONU-Femmes, sur les moyens à mettre en œuvre pour soutenir la participation des femmes aux décisions politiques. Une occasion d’apporter également son soutien à Corinne Narassiguin, candidate socialiste aux législatives en Amérique du Nord.

« Nous avons avec Michelle Bachelet des valeurs et des objectifs communs pour renforcer la participation citoyenne des femmes et le rôle des élues dans les processus de prises de décisions», a indiqué l’élue PS, venue participer à la 56e Commission de l’ONU sur le statut des femmes, en tant que représentante de l’organisation mondiale Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), qui regroupe plus de 1000 villes et collectivités locales de divers pays, dont elle préside la commission Egalité femmes-hommes.

« Les femmes élues au niveau local ont des expériences similaires», estime Anne Hidalgo. « Elles viennent souvent de la société civile et des ONG, sont en prise directe avec les réalités mais disposent de peu de moyens et d’un réseau souvent limité. Elles se confrontent à une culture et des pratiques politiques violentes, qui les font souvent renoncer après un premier mandat. D’où l’objectif de créer des synergies pour leur permettre de renforcer leur formation politique, partager les bonnes pratiques, et capitaliser leurs expériences pour s’imposer dans des bastions qui restent largement masculins».

Paris, ville exemplaire

Dans ce cadre, Anne Hidalgo a annoncé la tenue d’une conférence internationale à Paris en janvier 2013 qui rassemblera des élues locales de tous les continents. « Nous avons besoin d’identifier des femmes élues locales dans le monde et les championnes qui peuvent nous aider à installer l’égalité. Je suis très engagée pour établir une alliance plus forte avec l’organisation mondiale CGLU », a déclaré Michelle Bachelet au cours de cet entretien. « Nous souhaitons que la France prenne une part importante dans les problématiques d’égalité femmes-hommes en politique et dans la société, car c’est une mesure de la démocratie et l’un des objectifs prioritaires du millénaire», ajoute l’adjointe de Bertrand Delanoë. A Paris, un plan d’action pour l’égalité est mis en œuvre depuis 2007.

En matière de politique de la ville, Anne Hidalgo témoigne également des « préoccupations convergentes » de nombreuses élues d’agglomérations pour assurer la sécurité des femmes dans l’aménagement des espaces urbains, ou encore développer les transports publics ainsi que des services d’accueil collectif de la petite enfance de qualité, qui soient accessibles financièrement au plus grand nombre. Autant de leviers encore insuffisamment pris en compte pour adapter l’usage de la ville au quotidien des femmes, améliorer leur autonomie, ainsi que leur participation à la vie de la Cité.

« Il y a une citoyenneté assez typique des grandes métropoles », poursuit Anne Hidalgo. « Au sein du C40 qui réunit les 40 plus grandes métropoles mondiales, les équipes municipales de Paris et de New York travaillent conjointement sur l’adaptation aux changements climatiques ». Sur le plan culturel, les échanges sont également fructueux : la Nuit blanche ou l’expérience du Vélib’ dans la capitale française traversent désormais l’Atlantique. « Nous souhaitons de notre côté adapter la politique de ‘fundraising’ auprès des petits donateurs, en nous inspirant de l’exemple du musée de Brooklyn, pour développer la participation des habitants des quartiers à la vie des musées parisiens».

L’épineux sujet des candidatures féminines

Au cours de son passage à New York, Anne Hidalgo est également venue soutenir la candidate socialiste aux législatives pour l’Amérique du Nord, Corinne Narassiguin, qu’elle a trouvée « très motivée », avec une « équipe bien structurée », lors d’une rencontre avec les militants de la section PS de New York. Alors que le PS présente 47% de candidatures féminines aux législatives, l’UMP ne leur réserve que 25% des circonscriptions. Un pourcentage bien en-deçà de l’obligation de parité, qui témoigne selon elle de l’absence de volonté politique et de considération de l’UMP à l’égard de l’égalité et de la représentativité des femmes.

« Nommer des femmes à des postes ministériels, – d’ailleurs assez vite remplacées – , est l’arbre qui cache la forêt des mesures défavorables aux droits des femmes et à l’égalité prises durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy », estime ainsi Anne Hidalgo, citant la disparition du ministère des droits des femmes, tout comme les coupes sombres dans les crédits du service d’Etat des droits des femmes ou les subventions allouées aux associations de planning familial et d’aide aux femmes victimes de violences. «Avec la candidature de François Hollande, nous espérons changer la donne», conclut-elle.

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