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Antoine Toffa : un pionnier de l’entrepreneuriat sur l’Internet

À 43 ans, Antoine Toffa, établi à Denver, a déjà créé cinq sociétés dans le domaine de l’Internet. L’entrepreneur français qui a fondé en 1996 trip.com, un voyagiste en ligne devenu par la suite orbitz.com, et l’a revendu 3 ans plus tard pour 326 millions de dollars, a aujourd’hui deux nouveaux projets : videobloom et umapper.com.

Il parle de ses succès et de ses ratés avec la même simplicité. Dans la carrière d’Antoine Toffa, un entrepreneur français de 43 ans arrivé aux États-Unis en 1992, un chiffre s’impose comme une évidence : 326 millions de dollars. Il s’agit du montant pour lequel il a vendu, en 1999, trip.com, une société de voyages sur Internet qu’il avait fondée trois ans plus tôt.

Antoine Toffa ne s’est toutefois pas arrêté là. Après avoir tenté une aventure infructueuse dans le domaine de l’import-export sur le web avec TamTam, sa seconde société, et s’être offert un congé sabbatique de plusieurs mois pour s’occuper de ses quatre enfants, l’entrepreneur est de retour avec deux nouveaux projets : Videobloom, une société créée en 2006 qui propose des solutions vidéos pour les sites Internet, et umapper.com, un programme de cartes interactives qui concurrence Google Maps.

À l’heure actuelle, Videobloom travaille avec 260 journaux américains en fournissant notamment des petites annonces vidéo. Une collaboration avec 160 autres titres est sur le point de se concrétiser. « Nous avons mis au point une plate-forme qui permet de créer des vidéos de différents formats », explique l’entrepreneur basé à Denver. « Les internautes peuvent également les télécharger directement sur les sites de nos partenaires. » Videobloom travaille avec un réseau de vidéographes à travers le monde qui lui permet de proposer un service complet, allant de la production des vidéos jusqu’à technologie pour les télécharger sur les sites Internet.

Une passion pour la toile

L’histoire d’Antoine Toffa, qui est né en Allemagne de mère française et de père togolais, est avant tout celle d’une passion pour le web. « Lorsque j’étais étudiant en HEC entre 1986 et 1988 en France, j’étais l’un des premiers à utiliser l’Internet sur le campus », explique-t-il. « À l’époque, ça s’appelait Bitnet et le réseau reliait seulement les universités ». Antoine Toffa se souvient encore d’un courriel envoyé à un étudiant de Georgia Tech à Atlanta. « J’avais reçu une réponse 5 minutes plus tard », poursuit-il. « C’était sidérant. »

À la fin de ses études, Antoine Toffa a travaillé sur le Minitel en France, avant d’émigrer aux États-Unis pour suivre sa femme américaine. « Je voulais être « engageable » dans ce pays et j’ai donc décidé de faire un MBA à Harvard de 1992 à 1994 », glisse-t-il. Recruté dans un premier temps par Time Warner, puis par US West (devenu Qwest), l’entrepreneur français qui vit à Denver depuis le milieu des années 1990, estime avoir « eu de la chance ». « J’ai vu le potentiel d’Internet en 1993-1994 », analyse-t-il. « À l’époque,Yahoo et Netscape faisaient leurs premiers pas. Leurs représentants étaient d’ailleurs venus me voir pour proposer à mon employeur une participation de 10 % dans le capital de leur société en échange d’un investissement de 2 millions de dollars. »

Le conseil d’administration de US West n’a pas donné suite. La croissance incroyable de Netscape qui avait une valeur de 2,5 milliards dollars peu de temps après son entrée au Nasdaq en 1995, a cependant changé la donne pour Antoine Toffa. « On m’a fait gravir les échelons très vite au sein de l’entreprise », poursuit-il. « Mais je voulais créer ma propre boîte et j’ai eu l’idée de lancer trip.com.»

Le Français s’est alors mis à chercher des investisseurs. Sur le conseil de son épouse, il s’est tourné vers le plus improbable d’entre eux : son propre employeur. « Cela paraissait complètement fou », dit-il. « Je suis allé voir mon patron pour lui dire que je voulais quitter l’entreprise pour lancer ma boîte et que je lui proposais en plus de financer mon projet. » Une semaine après cette conversation, USWest acceptait d’investir 2 millions de dollars dans trip.com, puis engageait 3 millions supplémentaires six mois plus tard. Au moment de la revente pour 326 millions de dollars à Galileo en 1999, la participation de USWest valait 105 millions de dollars.

TamTam, le projet suivant d’Antoine Toffa sur le Net, n’a pas fonctionné. L’entrepreneur reconnaît une erreur de stratégie avec cette société qui avait développé un logiciel pour importer et exporter plus facilement des produits via le web. « Nous avons raté le passage à la publicité », dit-il. Cet échec n’a cependant pas laissé de traces, selon Antoine Toffa. « Les Américains sont très pragmatiques », dit-il. « Si un projet marche, très bien. Sinon passe à autre chose ».

Antoine Toffa se déclare confiant pour ses deux nouvelles sociétés malgré une année 2009 qui s’annonce délicate pour l’économie américaine. « Pour l’instant, notre plan de croissance est le même », conclut-il. « On n’a procédé à aucune coupe budgétaire. On a simplement ralenti le recrutement. Et au final, on s’amuse bien sur ces deux projets, c’est le principal. »

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