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Après Jeff Koons, le château de Versailles accueille Xavier Veilhan

Un jet d’eau de 100 mètres de haut, un gisant de Youri Gagarine, des architectes contemporains juchés sur de hauts socles : après le homard très kitsch de Jeff Koons, le château de Versailles accueille huit créations, plus sages, de l’artiste français Xavier Veilhan.

« Veilhan Versailles » propose à partir de dimanche et jusqu’au 13 décembre les installations, situées pour la plupart dans les jardins du château, signées de cet artiste de 46 ans, déjà reconnu dans le monde de l’art contemporain. Le Français succède au trublion américain Jeff Koons dont l’œuvre très kitsch avait l’an dernier suscité la controverse, et provoqué la curiosité. « L’artiste japonais Takashi Murakami, 47 ans, lui succèdera en 2010 », a annoncé mercredi devant la presse le président de l’établissement public Jean-Jacques Aillagon, qui avait lancé l’an dernier le principe d’une invitation à un artiste contemporain alternant les Français et les étrangers.

Pour Xavier Veilhan, « fier » de cette invitation à Versailles, il s’agissait « d’accompagner le visiteur dans le prolongement de ce qui a été fait dans le passé, mais avec une énergie et une réalité contemporaine », a-t-il expliqué mercredi à l’occasion d’une visite de presse.

Les huit pièces, en fonte d’aluminium, bronze ou fibre de verre, s’échelonnent de l’entrée du château au bout du grand canal, sur 2 km, jouant sur les équilibres entre l’horizontal et le vertical, les rapports d’échelles et les points d’observation. Le visiteur est accueilli dans la cour d’honneur par Le Carrosse, un attelage de six chevaux en tôle d’acier, qui semblent lancés à pleine vitesse. Peints en violet, ils sont figurés à la manière d’un origami géant.

Un peu plus loin, dans la cour royale, une minuscule statuette de femme nue, haute de 50 cm, « rappelle la permanence du nu dans l’art », dit-il. À quelques mètres, un Youri Gagarine – le premier homme dans l’espace – géant est couché à terre, à la manière d’un gisant médiéval. « C’est le premier homme à avoir vu la terre comme un objet, dit l’artiste. Le cosmonaute est une avant-garde de l’humanité », ajoute Xavier Veilhan qui s’amuse d’avoir placé la statue « sous les fenêtres de Louis XIV. »

L’artiste qui a voulu aborder son intervention dans le château « avec une certaine modestie », rend hommage à l’architecture avec Les architectes, la principale pièce présentée sur le parterre d’eau, à l’entrée des jardins. « C’est logique, dit-il, Versailles est une profession de foi architecturale ». Neuf hauts socles supportent les statues, de couleur noire, de onze architectes renommés, dont Jean Nouvel, Renzo Piano, Norman Foster, Richard Rogers ou Tadao Ando.

Au milieu du grand canal, un jet d’eau de 100 m de haut sera activé à périodes fixes. « J’adore les fontaines », dit l’artiste qui estime « avoir fait ce qu’aurait fait Le Nôtre, le jardinier de Versailles, s’il en avait eu les moyens techniques ». Sur le tapis vert, un ensemble de boules métalliques forme une lune si on les voit de loin. À l’intérieur du château, un mobile composé de vingt sphères et un écran formé de 1000 ampoules projetant un film ornent les deux escaliers qui montent aux grands appartements.

Le coût de l’opération s’élève à 2 millions d’euros, dont 1,4 million pour la production des œuvres, le reste pour leur installation. La quasi-totalité du budget est assurée par le mécénat, à l’exception de 250 000 euros pour l’achat par l’État de la pièce Le Carrosse.

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