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Après la fête, le travail pour Barack Obama

Barack Obama s’apprête à entrer dans le concret de la présidence, au lendemain d’une investiture historique, en convoquant conseillers économiques et principaux responsables militaires, à l’heure où le pays est confronté à deux guerres et une crise économique majeur.

Il n’avait pas attendu la fin de sa première journée en tant que 44e président des Etats-Unis pour passer à l’action, sa première décision visant la prison de Guantanamo, symbole des excès de la présidence Bush, qu’il a promis de fermer dès que possible.

Porté par une énorme liesse populaire, Barack Obama, 47 ans, premier président noir des Etats-Unis, avait pris possession mardi de la Maison Blanche, saluant le triomphe de “l’espoir” sur “la peur”. Parmi ses promesses de campagne, il avait annoncé que la fermeture de la prison de Guantanamo, à Cuba, serait l’une de ses toutes premières décisions.

Avant même de donner l’ordre de fermeture, il a choisi de suspendre pendant 120 jours les procédures judiciaires d’exception devant les tribunaux de Guantanamo, portant un premier coup à ce système controversé créé en 2006 par l’administration de George W. Bush pour juger les suspects de terrorisme. Cette décision a été saluée mercredi par l’Union européenne, qui a estimé qu’il s’agissait d'”un symbole très fort” mettant fin à un “triste épisode”.

L’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International a jugé qu’il s’agissait d’un “pas dans la bonne direction”, tout en appelant le nouveau président à abandonner définitivement les procédures en cours.

Mercredi matin, quelques heures seulement après avoir achevé en compagnie de son épouse Michelle la tournée des bals en son honneur, Barack Obama devait assister à une traditionnelle prière en la cathédrale de Washington, puis rejoindre le Bureau ovale pour ses premiers rendez-vous de travail.

Parmi les premiers attendus à la Maison Blanche, les conseillers économiques et les responsables militaires du pays. Car deux tâches majeures attendent Barack Obama: trouver des réponses à la crise économique et désengager les soldats américains d’Irak pour concentrer la lutte antiterroriste sur le front afghan.

Tout au long de la journée de mardi, une ferveur populaire sans précédent et les félicitations des dirigeants du monde entier avaient porté le jeune président démocrate jusqu’à la Maison Blanche, accompagné de son épouse et de leurs deux filles, Sasha et Malia. Plus de deux millions de personnes, souvent très émues, ont assisté à la sa prestation de serment sur le Mall, l’immense esplanade du coeur de Washington.

Comme le veut la tradition, le président a levé la main droite et posé la gauche sur la Bible d’Abraham Lincoln, son modèle en politique. Dans son discours d’investiture, Barack Obama a félicité ses compatriotes d’avoir “préféré l’espoir à la peur” en l’élisant président. A l’adresse du monde, il a assuré que les Etats-Unis étaient “prêts à nouveau à jouer (leur) rôle dirigeant”. Dans la foule, l’émotion était particulièrement forte chez les nombreux Américains d’origine africaine venus acclamer leur héros malgré des températures négatives.

Barack Obama, fils d’un Kényan venu étudier aux Etats-Unis et d’une mère blanche du Kansas, a évoqué la question raciale en soulignant qu’il y a moins de 60 ans, son père “n’aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier”, alors que lui-même pouvait aujourd’hui “prêter le serment le plus sacré”.

Face à la menace du terrorisme, il a prévenu les extrémistes du monde entier qu’ils ne réussiraient pas à affaiblir les Etats-Unis. “Nous vous vaincrons”, a-t-il lancé. Il a promis que les troupes américaines allaient “commencer à laisser l’Irak à son peuple de façon responsable”, près de six ans après l’invasion de ce pays sur ordre de M. Bush. Il a proposé au monde musulman “une nouvelle approche, fondée sur l’intérêt et le respect mutuels”.

A propos de la récession qui frappe les Etats-Unis, Barack Obama a estimé que l’économie américaine, “gravement affaiblie”, avait été victime de “la cupidité et de l’irresponsabilité de certains”. Prenant le contre-pied de la politique de l’administration sortante, il a assuré que les Etats-Unis travailleraient “inlassablement” pour “faire reculer le spectre du réchauffement de la planète”.

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