Subscribe

Après la grève, Nicolas Sarkozy veut bien dialoguer mais pas changer de cap

Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont tiré une première leçon du succès de la journée de grève et de manifestations de jeudi en faisant, au nom du dialogue, un petit geste en direction des syndicats, mais excluent toujours catégoriquement de changer de cap politique.

Difficile de traiter par le mépris entre un et deux millions et demi de manifestants. Au soir de la plus grande mobilisation sociale de son début de mandat, le chef de l’Etat a donc jugé “légitimes” les inquiétudes exprimées face à la crise.

Et comme il avait promis “d’écouter” la rue et de “dialoguer” avec les syndicats à l’origine du mouvement, il a confirmé qu’il recevrait les partenaires sociaux en février pour “convenir du programme des réformes à conduire en 2009 et des méthodes pour le mener à bien”. Le rendez-vous était prévu mais le “monsieur social” de l’Elysée Raymond Soubie en a sensiblement élargi le menu. Il ne s’agira pas seulement de fixer un “agenda”, a-t-il dit vendredi, mais “un programme de travail en commun pour 2009” sur des thèmes “pas seulement, mais en partie sociaux”.

Sans surprise, les responsables syndicaux et la gauche ont saisi la balle au bond et mis la pression sur le président. Le patron de FO Jean-Claude Mailly l’a pressé de tenir cette réunion “le plus rapidement possible” et d’y venir avec “des choses concrètes”. “S’il s’agit, comme je crains de le comprendre, de discuter de l’agenda des réformes que le président a dans ses tiroirs (…) la discussion n’ira pas très loin”, a renchéri son collègue de la CGT Bernard Thibault. “Si c’est pour venir nous dire qu’on va parler de la formation professionnelle tout au long de la vie, au lieu de nous dire qu’il faut augmenter les salaires et les retraites (…) ça n’ira pas”, a pour sa part averti la Première secrétaire du PS Martine Aubry.

Mais à entendre l’exécutif, ces attentes risquent d’être déçues. “Il n’est pas question de changer de message en réponse à la manifestation”, fait-on remarquer à l’Elysée, “les réformes continuent”. “Il n’y aura pas de relance par la consommation car c’est inefficace”, tranche le porte-parole du gouvernement Luc Chatel. “Mais notre politique veille à ne laisser personne au bord du chemin”, précise-t-il, citant notamment le versement début avril d’une prime de 200 euros aux futurs bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). Le ministre du Budget Eric Woerth n’a pour sa part voulu voir dans les revendications de jeudi que le signe d’une “inquiétude par rapport au système”, sûrement pas un “rejet de la politique du gouvernement”.

Avant même que les syndicats ne se retrouvent lundi pour décider d’une éventuelle suite à la journée du 29, l’Elysée assure d’ailleurs ne pas redouter de tempête sociale. “Le président a toujours pensé que les mouvements qui n’étaient pas accrochés sur des revendications précises avaient peu de chance de durer”, souligne un proche.

A en croire son entourage, Nicolas Sarkozy semble plus redouter une éruption de la jeunesse, d’où sa décision de reporter la réforme des lycées ou de rouvrir le chantier de la vie étudiante. Un de ses conseillers a d’ailleurs posé les limites du dialogue social prôné par le président, qualifiant son communiqué de jeudi de “message d’empathie” à l’adresse des syndicats…

Jusqu’à cette réunion, Nicolas Sarkozy va donc continuer à plaider la cause des réformes. Sur le terrain et, peut-être, à la télévision. Sans précipitation, dit-on à l’Elysée, car “il n’est pas question de se laisser dicter le moment par les manifestations”.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related