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Après la neige, le verglas paralyse le nord-ouest de la France

Après la neige, le verglas paralysait mercredi matin le nord et l’ouest de la France, provoquant la pagaille sur les routes, tandis que la situation se détériorait dans le sud-ouest en raison de la neige et d’un vent fort.

Après avoir levé la vigilance orange mercredi à 6h dans 21 départements, Météo-France a replacé peu avant 8h, à la demande du gouvernement, la Normandie, l’Ile-de-France, la Picardie, le Nord/Pas-de-Calais et l’Eure-et-Loir en vigilance orange à la neige et au verglas. L’Aude et les Pyrénées-Orientales ont été placés en vigilance orange au vent, des rafales de 120 à 130 km/h étant attendues mercredi en milieu d’après-midi. Si les chutes de neige, exceptionnelles par leur importance, ont quasiment cessé dans la nuit, le verglas, qui devrait persister jusqu’à jeudi en fin de matinée selon Météo-France, rendait la circulation très difficile sur les routes d’un tiers nord de l’Hexagone.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a prévenu qu’il y avait “encore 48 heures difficiles” à passer même si “l’épisode neigeux est en train de s’estomper” et même si “la situation est sous contrôle”, à l’issue d’une nouvelle réunion de la Cellule interministérielle de crise au ministère de l’Intérieur. Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls avait auparavant désigné deux “points noirs” sur les routes, sur la RN 13 dans la Manche, fermée dans les deux sens entre Caen et Cherbourg, où 700 véhicules étaient toujours bloqués, et fait état d’une situation “particulièrement difficile” sur l’autoroute A1 dans la Somme.

Le blocage d’un millier de véhicules sur 23 km avait été relevé mercredi au lever du jour par la préfecture de la Somme sur l’A1 dans le sens Paris-Lille entre Assevillers et Combles, à quoi il fallait ajouter 1 500 véhicules “réfugiés” sur l’aire d’autoroute d’Assevillers. Mais la circulation reprenait en fin de matinée sur l’A1 vers Lille, après le dégagement des congères, et il restait vers 11h une “quinzaine de km de bouchon” en arrière d’Assevillers, a déclaré le préfet de la région Picardie, Jean-François Cordet.

Des usagers, bloqués de nombreuses heures sur l’A1, ont affirmé n’avoir reçu ni eau ni nourriture avant l’arrivée des pompiers dans la matinée. “Il y a quand même des bus avec des enfants dedans et depuis ce temps-là, on n’a pas vu un pompier, on n’a pas eu une bouteille d’eau, un sandwich, rien (…) C’est honteux !”, a raconté Frédéric Fournier, chauffeur routier de 43 ans, bloqué à Assevillers “depuis mardi matin 03h30”. L’A29 dans le sens Saint-Quentin/Amiens, où quelque 150 personnes étaient retenues, était en cours de déblocage, selon la préfecture de la Somme.

Les blocages, notamment sur l’A1, l’A2, l’A26 et l’A29, étaient essentiellement dus aux “poids lourds mis en travers des chaussées qui ont bloqué la circulation et les opérations de déneigement”, a constaté la Société des autoroutes du nord et de l’est de la France (Sanef). “Nous avons de grosses difficultés avec certains conducteurs routiers qui ont préféré stationner sur l’autoroute plutôt que suivre les itinéraires quand on essayait de les rediriger vers d’autres axes”, a expliqué le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin, pointant des blocages sur l’A1, l’A2 et l’A26.

La RN 13 entre Caen et Cherbourg restait interdite dans les deux sens à tous les véhicules en raison des importantes chutes de neige du début de semaine et ne devrait pas être rouverte dans la journée, a indiqué la préfecture de la Manche. Une trentaine de militaires du 6e régiment du génie d’Angers, avec six véhicules lourds, sont arrivés en renfort dans la Manche mardi soir, afin d’ouvrir la voie aux agents d’ERDF et de France Télécom.

En Ile-de-France, le verglas recouvrait mercredi matin de nombreuses chaussées, y compris dans le centre de Paris, forçant la RATP à laisser au dépôt la quasi-totalité de ses bus. Les Franciliens semblaient toutefois avoir écouté les conseils de prudence puisque vers 8h, 80 kilomètres de bouchons, soit moins que la moyenne habituelle, étaient relevés par le site de circulation en temps réel de la région Sytadin. Une situation à laquelle contribuent sans doute les vacances scolaires. Outre les bus, les transports en commun, empruntés par des millions de Franciliens chaque matin, restaient perturbés mercredi matin, même si Transilien prévoit de faire rouler des rames sur toutes ses lignes. Métros et tramways circulent en revanche normalement, a assuré la RATP.

Concernant les grandes lignes, la SNCF a annoncé la reprise de la circulation “sur la ligne à grande vitesse Nord Europe où, depuis 7h, les TGV puis les Eurostar et Thalys” ont recommencé à rouler, après une journée de blocage imputable aux chutes de neige. Des retards de 40 minutes étaient à prévoir entre Lille et Paris, les TGV circulant à vitesse réduite, selon la préfecture du Nord. Quelque 69 000 clients étaient privés d’électricité mercredi à 8h en France, dont 30 000 en Normandie et 4 000 en Bretagne.

Dans le sud-ouest, gagné par d’importantes chutes de neige, 30 000 personnes étaient sans électricité (27 000 dans les Pyrénées-Atlantiques, 2 000 dans les Landes et 1 000 dans les Hautes-Pyrénées), selon ERDF. Les transports scolaires seront suspendus jusqu’à dimanche dans la Somme et l’étaient pour la journée dans le Nord/Pas-de-Calais, la Picardie, les Ardennes et la Meuse. Les établissements scolaires sont fermés dans le Nord/Pas-de-Calais, la Manche et le Calvados. Le trafic aérien a repris à Lille-Lesquin mercredi matin. A Beauvais, les pistes étaient fermées jusqu’à 12h30. La neige paralysait les lignes de production de PSA Peugeot-Citroën de Sochaux, qui ne pouvaient produire aucun véhicule mercredi matin.

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