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Après un mois de polémique autour de l’affaire Bettencourt, Nicolas Sarkozy tente de reprendre la main

Après quatre semaines de polémique, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois confirmé lundi son soutien à Eric Woerth, mis en cause dans l’affaire Bettencourt, et dénoncé les “mensonges” de ceux qui l’ont accusé d’avoir touché de l’argent de l’héritière de L’Oréal.

Dans un long entretien accordé à France 2, le chef de l’Etat a renouvelé sa confiance à son ministre du Travail, “un homme honnête, un homme compétent (…) qui fait honneur à la classe politique”, en répétant qu’il défendrait sa réforme emblématique des retraites “selon le calendrier qui était prévu”.

Vingt-quatre heures après sa publication, Nicolas Sarkozy a repris à son compte les conclusions du rapport de l’inspection générale des finances (IGF) dédouanant Eric Woerth de toute intervention dans le dossier fiscal de la femme la plus riche de France. “Il est donc lavé de tout soupçon”, a-t-il estimé, “il n’y a donc aucune raison que je prenne la décision de m’en séparer”.

Dans la foulée, le président a vivement démenti avoir “ramassé des enveloppes” d’argent chez Liliane Bettencourt, comme l’avait rapporté le site Médiapart citant des premières déclarations, démenties ensuite, de l’ex-comptable de l’héritière du groupe L’Oréal. Plus rapidement, Nicolas Sarkozy a balayé d’un revers de main les accusations sur le financement politique illégal de sa campagne présidentielle de 2007. L’ex-comptable de Mme Bettencourt a affirmé, et confirmé devant les policiers, que le trésorier de l’UMP Eric Woerth avait touché 150.000 euros en liquide en 2007, sans en apporter la preuve. “La vérité se fait jour”, a-t-il estimé, “chaque témoin y apporte sa contribution pour montrer qu’il y a une calomnie”.

Reprenant un argumentaire déjà développé par le gouvernement et la majorité, il a attribué ces accusations à sa réforme des retraites. “Quand vous mettez en oeuvre des réformes, vous bousculez des intérêts (…) la réponse c’est bien souvent la calomnie”, a-t-il dit. Même s’il a lavé M. Woerth de tout soupçon, le président a assuré avoir tiré les leçons de la polémique de ces dernières semaines en annonçant la mise en place, dès la semaine prochaine, d’une “commission représentant toutes les familles politiques” pour modifier ou compléter éventuellement la loi et éviter “toute forme de conflit intérêts”.

Ainsi, il a dit avoir “conseillé” à son ministre de quitter ses fonctions de trésorier de l’UMP, une double casquette dénoncée par la gauche. Revenant sur le climat délétère alimenté par les abus financiers reprochés à ses deux ministres démissionnaires Alain Joyandet et Christian Blanc, Nicolas Sarkozy a assuré que la France n’était “pas un pays corrompu”. Une forme de réponse à son adversaire socialiste de 2007 Ségolène Royal, qui avait fustigé un “système Sarkozy corrompu”. Tout au plus a-t-il reconnu un “certain laisser-aller”, des “mauvaises habitudes” qu’il a promis d’éradiquer afin d’aligner la France sur les “critères des grandes démocraties” anglo-saxonnes.

Sans surprise, M. Sarkozy a tenu à réaffirmer sa maîtrise du calendrier politique en répétant qu’il ne remanierait pas son gouvernement avant l’automne, après la réforme des retraites, malgré les appels pressants lancés par la gauche comme par une partie de sa majorité. “Je n’ai pas le droit de céder à l’agitation du milieu, je n’ai pas le droit de céder à la fébrilité du commentateur”, a-t-il expliqué, dénonçant “la valse des ministres et des ministères” qui donne “une image ridicule de notre pays”. Nicolas Sarkozy n’a livré qu’un seul indice sur ce futur remodelage: le gouvernement sera “resserré”.

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