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Ariane Lopez-Huici photographie “la beauté dans la réalité”

Regarder le corps en face, celui qui est imparfait, brisé ou dans l’excès, voilà ce à quoi nous confronte Ariane Lopez-Luici. Pas de tabous pour la photographe franco-américaine. Une partie de son travail sera exposé à partir du 3 février au SUNY College de New York.

Ariane Lopez-Huici est née à Biarritz ce qui, dit-elle, l’a habitué à voir des corps, à la plage notamment. “Cela m’a désensibilisé, la nudité ne me gêne pas”. Elle s’est établie à New York il y a plus de 30 ans, une ville unique. “New York n’est pas comme le reste des Etats-Unis, on n’a pas besoin de changer pour s’y intégrer, il y réside une grande tolérance face à la différence.”

La différence est le sujet favori d’Ariane Lopez-Huici. Elle photographie des femmes obèses comme des canons de beauté incompris par une société obsédée par la maîtrise de son poids et la minceur. Elle même est plutôt menue, et beaucoup l’ont interrogé sur sa fascination des femmes rondes. “Regardez Dalila, il y a de la force et de l’émotion qui se dégage d’elle, elle est magnifique”. Dalila est une danseuse d’origine africaine qu’elle a photographiée à Paris, l’un des ses modèles préférés ; la poitrine opulente, le corps généreux. Son seul vêtement est un foulard enserré dans les cheveux.

Le cliché, en noir et blanc, ne tente pas de dissimuler les défauts. Au contraire, il les affiche comme une revendication : “je veux montrer la vérité, la beauté dans la réalité”, explique la photographe. “Le noir et blanc apportent de la poésie et de la distance, ils rendent mes images moins réalistes”. Ariane Lopez-Huici ne s’arrête pas là ; elle a su transgresser d’autres tabous photographiques, comme celui du handicap. La série “Priscille” montre ainsi une femme amputée de deux jambes et d’un bras. “Mon modèle m’a expliqué que ce qui la faisait le plus souffrir, ce sont les gens qui détournent le regard”.

Rendre visible l’invisible, l’ignoré, l’intoléré est la mission dont s’est investie Ariane Huici-Lopez, une sorte de bataille qu’elle mène pour les autres ; même si cela signifie brusquer celui qui contemple ses photos. “On m’a souvent dit que j’allais trop loin, mais je fais cela pour briser les tabous.” Ses modèles “collaborent” dit-elle, ils se laissent photographier nus par fierté et conviction. Il n’existe pas une seule forme de corps – n’en déplaise aux promoteurs du corps unique du monde de la mode et de la publicité – et le public doit en être averti.

L’artiste a exposé au Brooklyn Museum. Son travail sera montré à la gallerie Hionas et au SUNY College à partir du 3 février.

“Body Conscious” du 3 février au 10 avril à la Amelie A. Wallace Gallery – SUNY College at Old Westbury 223 store Hill Rd., Old Westbury NY 11568.

Plus d’informations : www.lopezhuici.com

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