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Armen Djerrahian à la conquête de l’Amérique du hip-hop

Armen Djerrahian est le premier Français nommé aux BET Awards.  Le clip « It kills me » réalisé pour la chanteuse Mélanie Fiona est sélectionné  dans la catégorie « vidéo de l’année ». À 40 ans, Armen Djerrahian a photographié les plus grands artistes de la scène hip-hop française et internationale. C’est la tête sur les épaules qu’il aborde la cérémonie de dimanche soir.

Qu’est-ce que ça fait d’être le premier Français nommé aux BET Awards ?

Ça fait du bien à son ego, c’est une belle reconnaissance pour toutes ces années de travail. C’est une plus grande récompense en venant de France et en figurant parmi les meilleurs producteurs américains. Je ne pense pas recevoir le prix car je ne peux pas rivaliser avec les stars du clip vidéo avec qui je suis en concurrence.

Vous attendiez-vous à cette nomination ?

Pas du tout, car c’est le premier clip officiel que j’ai réalisé pour une maison de disque américaine, Universal.

Comment  s’est effectué le travail sur « It kills me » avec Mélanie Fiona ?

J’ai été présenté à Universal comme « le Français au savoir-faire européen » mais je n’étais pas assez connu. Deux premiers projets sont tombés à l’eau jusqu’à la chanson « It Kills Me » de Mélanie Fiona qui venait de signer en maison de disque grâce à ce titre. Le clip retrace la dispute dramatique d’un couple. On a eu la chance d’avoir Adam Rodriguez pour jouer le rôle du petit ami de Mélanie Fiona.

Pouvez-vous me parler de votre parcours en France et aux États-Unis  et ce qui différencie ces deux pays ?

La France c’est le pays qui m’a fait. J’ai commencé la photographie en 1991 dans le monde du BMX puis dans la musique et la danse hip-hop. J’ai toujours eu ce rêve américain en tête car le hip-hop est né là bas. J’ai produit mon premier clip en 1998 en alternant depuis entre mon métier de photographe et de réalisateur. Le plus gros projet de ma carrière en France était l’album Ouest Side de Booba sur lequel j’ai réalisé tous les clips vidéos et les photographies dont celle pour sa pochette d’album. Le problème, c’est que les Français ont toujours le réflexe de critiquer avant d’encourager. Professionnellement, j’étais très limité car je faisais « que du rap »  et tous mes modèles étaient basanés. Ensuite, il y a eu le problème du téléchargement de la musique. L’industrie du disque était en crise et il n’y avait plus de budgets pour l’image. Je ne voyais pas d’avenir, ni de progression en France pour moi.

Comment s’est passée la transition entre les deux pays ?

Je suis parti au moment où je vivais un pic dans ma carrière en France et je me suis dit « quitte à tout recommencer à 37 ans, je repars de zéro. »  Ici, on reconnaît ton travail et on vient toujours t’encourager. En s’installant dans un pays qui n’est pas le tien, on est considéré comme un immigré. C’est un dur challenge mais on est poussé par une énergie qui tire vers le haut.

Comment expliquez-vous cette évolution de la photographie vers la vidéo ?

Pour moi, c’est un trajet normal. Quand tu fais de la vidéo, ce sont tes photos qui bougent. Je suis autodidacte dans tout ; j’ai appris à filmer comme quand j’ai commencé la photographie tout seul.


Si vous gagnez aux BET Awards, qu’est-ce que cette victoire va changer pour vous et votre carrière ?

Si je gagne, ça va tout changer. Ça aura forcément des conséquences sur ma notoriété. Mais sincèrement, je n’y crois pas trop, c’est déjà énorme d’avoir été nommé aux côtés des plus grands du vidéo clip.

Quels sont vos projets ?

Je tourne beaucoup de clips en ce moment. Hier, j’étais en tournage sur le clip de Wynter Gordon, dont le morceau est produit par David Guetta. Je vais commencer à écrire un court-métrage pour essayer de m’introduire dans la publicité.

Quels ont été vos mentors ?

Glen E. Friedman, Jean-Baptiste Mondino et Spike Jonze sont des photographes que j’aime beaucoup et qui m’ont toujours inspiré.

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