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Arnaud Montebourg choisit François Hollande

Arnaud Montebourg, arbitre du second tour de la primaire PS avec ses 17%, a tranché après cinq jours de réflexion, pour François Hollande, “à titre personnel”, lui qui accusait récemment les deux finalistes d’être les “deux faces d’une même pièce”, un “geste a minima” selon un politologue.

A deux jours du second tour, le député de Saône-et-Loire, 48 ans, a fait son choix “à titre exclusivement personnel” pour le député de Corrèze, arrivé en tête du premier, “à (ses) yeux meilleur rassembleur”. Le troisième homme avait créé la surprise dimanche dernier en arrivant troisième, évincant Ségolène Royal. Il a “incarné une petite musique différente” dans laquelle les Français ont “pu identifier une offre spécifique autour de la démondialisation”, avait analysé pour l’AFP dimanche le politologue Frédéric Dabi. “Les citoyens peuvent désormais faire leur choix en leur âme et conscience, assure au Monde M. Montebourg qui se refuse à donner une consigne de vote, car il y a “l’image de la caserne et de l’enfermement”, “incompatible avec l’esprit de la primaire et de la VIe République”.

Il fait valoir que dans leurs lettres-réponses à ses questions, les deux finalistes ont avancé sur “la mise sous contrôle des banques et la lutte contre la concurrence déloyale mondiale”. Pour Frédéric Dabi, “il a fait un geste a minima qui lui permet de ne pas insulter l’avenir quel que soit le résultat”, faisant valoir qu'”il se décide après débat entre les deux finalistes” et qu'”il le dit en toute fin de campagne”.

Par ailleurs, rappelle M. Dabi pour l’AFP, “il y a un vrai axiome en science électorale: On n’est pas propriétaire de ses voix”, citant notamment le précédent Chirac pour Giscard en 1981. “Ca ne préjuge en rien du résultat qu’on aura dimanche mais ça crée peut-être une dynamique”, en faveur de François Hollande contre Martine Aubry pour qui “aucun des quatre prétendants” éliminés de la primaire n’a appelé à voter. Le chantre de la démondialisation avait résumé le 10 octobre son avis sur François Hollande et Martine Aubry: “Pour moi, ce sont les deux faces d’une même pièce, les héritiers d’une même tradition politique”.

Peu avant, il disait à l’AFP: “Il n’y a pas de différences” de projet entre eux. “Je suis le seul candidat à avoir voté non au Traité constitutionnel (européen en 2005, ndlr). Je me suis battu pendant dix ans à rénover le PS. Ils l’ont cogéré. Je suis le seul à rejeter les plans d’austérité. Peu ou prou, ils l’ont tous accepté.” Son choix a dû être cornélien, car pendant onze ans, il s’est opposé à François Hollande quand il gérait le Parti. On se souvient de sa phrase assassine en janvier 2007 lorsqu’il était le porte-parole de Ségolène Royal, en campagne présidentielle: “Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut. C’est son compagnon”.

En juillet 2007, lorsqu’on lui demandait le profil rêvé du succcesseur de Hollande, il répondait: “Quelqu’un capable de trancher, prenant des risques, préférant l’ouverture du Parti à son repli et le remettant au travail collectif. Donc réellement différent”. Interrogé récemment sur M. Montebourg, François Hollande commentait pour Libération “cette logique de rupture de radicalité positive”: “Ce n’est pas ma stratégie d’imaginer que la gauche va gouverner dans le contexte que l’on connaît en disant: Entreprises du CAC 40, fuyez, nous allons vous faire rendre gorge à la faveur du peuple et nous allons vous faire votre compte!”.

 

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