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Art Basel Miami: décryptage avec Marc Spiegler

Du 4 au 7 décembre se tient Art Basel à Miami Beach, l’une des foires d’art contemporain les plus prestigieuses du monde. Son nouveau co-directeur, le Franco-américain Marc Spiegler esquisse les grandes lignes de cette 7e édition qui accueille 18 galeries françaises. Entretien.

En tant que nouveau co-directeur d’Art Basel et d’Art Basel Miami, quel est votre but?

La co-directrice, Annette Schönholzer, et moi-même espérons organiser une exposition réussie qui présente toujours les meilleures galeries du monde, et qui met en avant le plus beau de l’art de 1900 à nos jours. Comme toujours, les chances de réussite sont entre les mains de nos galeries.

Quels sont les points forts d’Art Basel Miami Beach cette année ?

La section Art Kabinett promet d’être palpitante. Elle s’articulera autour d’artistes émergeants comme Tomasz Kowalski, William Cordova, Rodney Graham et plus confirmés comme Robert Smithson et Marcel Duchamp. Les Art Positions sur la plage présenteront des projets très intéressants avec des artistes plus jeunes. À l’entrée de l’un des sites, le PS 1, il y aura une installation futuriste en fibre de verre réalisée par un collectif de design tchèque, E-Area. Les projets artistiques à l’extérieur qui seront situés cette année dans Lummus ark sur Ocean Drive, présenteront des artistes tels que Thomas Zipp, AI Weiwei, Tadashi Kawalmata et Olaf Breuning.

Plus de 240 galeries du monde entier seront représentées à Art Basel Miami Beach. Comment les sélectionnez-vous ?

Nous avons un comité de sélection composé de galeristes internationaux qui choisissent 240 galeries parmi les 800 inscriptions que nous recevons chaque année. Leur critère de sélection est de choisir des galeries qui travaillent avec les artistes les plus intéressants.

Aurez-vous beaucoup d’artistes français cette année ?

Il y aura 18 galeries françaises cette année à Art Basel Miami Beach, ce qui est plus que l’année dernière. Beaucoup d’artistes importants comme Pierre Huyghe, Sophie Calle ou Annette Messager sont représentés par des galeries d’autres pays. Des galeries comme gb agency participeront à Art Basel pour la première fois cette année. Gb agency va participer au projet de Jiri Kovanda dans la section Art Projects.

Comment qualifieriez-vous la scène culturelle française ?

La France à une tradition culturelle immensément riche et son dynamisme sur la scène contemporaine est prouvé non seulement par les galeries mais aussi par des institutions comme le Palais de Tokyo à Paris. Quand on s’intéresse à la production et aux tendances, nous ne raisonnons pas en termes de pays, mais d’artistes. Les artistes français, comme Cyprien Gaillard, Sophie Calle et Tatiana ont autant de succès à l’étranger que chez eux.

Art Basel Miami est une plateforme qui réunit les meilleures galeries, les artistes les plus en vue et les plus importants collectionneurs. Quelle est votre stratégie pour que cela perdure ?

Il y a deux paramètres clé pour le succès d’Art Basel. Le premier est la qualité des œuvres présentées par les exposants et qui datent du début du 20ème siècle à l’art contemporain qui sort littéralement des ateliers. Le visiteur a un panorama de l’histoire artistique rien qu’en se promenant dans les allées du salon, ce qui lui donne une expérience plus enrichissante que si nous présentions simplement les œuvres les plus récentes. L’autre élément clé est notre capacité à faire évoluer les secteurs d’exposition d’Art Basel pour inclure les aspirations artistiques du moment. En 2000, par exemple, Art Unlimited a donné une place à des oeuvres trop grandes et bruyantes pour un show traditionnel. Depuis lors, ce genre d’œuvres « difficiles » ont prouvé qu’elles suscitaient un intérêt incroyable non seulement de la part des institutions mais aussi des collectionneurs. Plus récemment, le nouveau concept Art on Stage permet aux artistes de réaliser leurs œuvres dans un décor de théâtre traditionnel.

Dans le cadre de la crise financière actuelle, vous attendez-vous à une baisse des ventes ?

Il serait stupide de penser que la crise financière n’aura pas d’impact sur le marché de l’art. Néanmoins, Art Basel traite avec les meilleures galeries du monde et présente les meilleures œuvres que le marché a à proposer. Nous sommes un peu plus à l’abri qu’une maison de vente aux enchères.

Vous êtes franco-américain, votre mère est alsacienne mais vous avez grandi et étudié aux Etats-Unis. Est-ce un avantage pour votre poste de directeur à Art Basel ?

Enfant, je passais tous mes étés en Alsace et venais souvent à Bâle. Je connaissais donc la région dès mon plus jeune âge. Oui, cela aide d’avoir une éducation internationale dans un marché de l’art qui est global.

Comment avez-vous fait la transition entre votre métier de journaliste comme directeur d’Art Basel ?

La transition est assez naturelle. Dans mon précédent métier de journaliste, j’étais déjà un observateur très attentif du marché de l’art. Je pensais qu’il était important de soutenir le système des galeries car c’est la structure qui soutient la carrière des artistes. J’ai des coups de cœur, même si mon esprit analyse le marché avec des objectifs et une perspective différente.

www.artbasel.com

 

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