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Arts of Fashion Foundation célèbre ses dix ans avec espoir

A l’aube des dix ans de Arts of Fashion Foundation qu’elle a créé à Cincinnati, avant de déménager à San Francisco en 2004, la Française Nathalie Doucet fait le bilan et expose les difficultés auxquelles son organisation est confrontée. En attendant des jours meilleurs….

Une décennie à fêter et des fonds à trouver. Voilà ce qui attend Nathalie Doucet, la fondatrice et présidente d’Arts of Fashion Foundation à San Francisco. Pour souffler ses bougies, deux jours de symposiums, les 29 et 30 octobre, et la finale de plus grande compétition internationale réservée aux étudiants de la mode seront organisés dans cette même ville.

Steven Kolb sera là pour souffler les bougies

“ Nous avons réussi à acquérir une certaine légitimité en créant un terrain neutre où l’industrie et les écoles de la mode peuvent travailler ensemble. Avoir réalisé cette plateforme constitue pour moi un réel accomplissement. Je ne pense pas qu’il y ait d’autres organisations comme la nôtre dans ce pays, avec à la fois ce côté initié et créatif.”

A cette occasion, et pour la première fois, Steven Kolb, le PDG du Council of fashion designers of America (CFDA), basé à New York, sera présent. Une venue symbolique, après maintes invitations, dans laquelle Nathalie Doucet voit un signe positif alors que ces dix ans sonnent aussi comme un cri d’alarme pour l’avenir de sa fondation.

“ Nous sommes une organisation à but non-lucratif et financièrement c’est là où le bât blesse”, souligne la Française. ” Il faut que l’on arrive à trouver des gens qui aillent chercher des fonds pour nous permettre de continuer notre activité. Aujourd’hui, si l’on veut survivre, il faut absolument que l’on ait des donneurs afin que l’on fonctionne comme une vraie fondation. Cela va être determinant pour la suite. La fondation est vraiment en danger. ”

Vaccarello, Thibout, Han, des créateurs passés par AOFF

En dix ans, près de quatre-vingts jeunes créateurs ont reçu des prix de la part d’Arts of Fashion Foundation à San Francisco. Certains ont ainsi pu assister à des masterclass à Paris, exposer leur travail au Musée des Arts décoratifs, d’autres ont réalisé des stages chez Jean-Charles de Castelbajac ou Anne Valerie Hash. L’organisation a également découvert et aidé de nombreux jeunes talents à l’image d’Anthony Vaccarello, dont la dernière collection printemps-été 2012 a eu un grand succès lors de la Fashion week parisienne.

D’après la presse spécialisée, il est un des jeunes créateurs dont la confiance grandit. ” Il était très talentueux. Je l’avais remarqué lorsque j’étais dans le jury de La Cambre (l’École nationale supérieure des arts visuels, qui a une filière mode à Bruxelles)”, explique Nathalie Doucet. ” Nous lui avons donné la possibilité de venir aux Etats-Unis dès 2006, où il a rencontré la bloggueuse Susie Bubble. Il était talentueux, il aurait réussi de toutes façons mais Arts Fashion lui a apporté une ouverture sur le milieu anglo-saxon.

InvestFashion.com, un projet à relancer

La Japonaise Bora Han, la Française Aurore Thibout, qui est actuellement en résidence à San Fransico, sont deux autres exemples qui ont bénéficié du tremplin de AOFF. Ces deux femmes ont d’ailleurs été choisies par la fondation, avec quatre autres créateurs, pour faire partie d’InvestFashion.com, une plateforme Internet ouverte à tous et permettant de financer, – à l’image de ce que fait MyMajorCompany dans la musique- , la ligne de vêtements d’un jeune designer. Mais là encore, si le site, ouvert en octobre 2010, est toujours actif, le projet a été mis en sommeil par la force des choses. ” Nous n’avons pas les moyens de continuer. Nous cherchons des partenaires pour aller plus loin “, soutient Nathalie.

Les dix ans seront salvateurs ou ne seront pas. En plus des deux jours de conférences, ouvertes au public, des défilés auront lieu dans le cadre des résultats de la compétition 2011, dont le thème de travail des sélections était ” Tension “. Un thème si représentatif des temps difficiles que vit AOFF. “ Ca ne se voit pas de l’extérieur, car nous sommes des créatifs et nous savons faire avec rien”, conclue Nathalie. “Mais l’idéal aujourd’hui serait d’avoir 100 000 dollars devant nous pour nous permettre de respirer.”

Pour en savoir plus :

Arts of fashion symposium 2011, du 29 au 30 octobre 2011, au San Francisco Art Institute, 800 Chestnut Street à San Francisco.

Le programme est ici.

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