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Assassinat de Bernard Mazières: la tragédie d’un père haï par son fils

Le fils de l’ancien journaliste du Parisien Bernard Mazières, mis en examen pour l’assassinat de son père, aurait commandité ce meurtre parce qu’il le détestait, et non pour un conflit financier lié à la drogue, ont indiqué jeudi des sources proches du dossier.

L’ancien chef adjoint du service politique du Parisien a été retrouvé mort à 60 ans le 24 décembre, à son domicile dans le VIe arrondissement. Le 1er janvier, son fils de 17 ans et l’un de ses amis âgé de 25 ans, ont été mis en examen pour assassinat et écroués. Le fils aurait commandité le meurtre, commis par son ami, “sans aucune contrepartie”, selon une source proche de l’enquête. Selon les éléments de l’enquête, le fils était présent le soir du drame, en bas de l’immeuble de son père et aurait permis au meurtrier présumé de s’introduire chez lui. Il a reconnu lors de sa garde à vue avoir “acheté un marteau américain” qui a été utilisé, ainsi qu’un “couteau trouvé sur place par le meurtrier”, pour tuer son père, a assuré une source proche du dossier. “En fait cela faisait des semaines qu’il avait ça en tête”, selon cette source.
Le meurtrier présumé avait été impliqué dans une affaire d’agression au couteau en 2008, et devait être jugé dans quelques mois à Paris pour cette affaire.

Les premières hypothèses sur les motivations de cet assassinat avaient évoqué la piste d’un différend financier entre le père et son fils, “qui se droguait”, selon une source policière. Le fils touchait près de 500 euros par mois d’argent de poche. “Il faut arrêter avec cette histoire de drogue, cela n’a rien à voir dans cette affaire”, a résumé l’un des enquêteurs de la police judiciaire. “Il était en conflit avec son père, il le détestait, et refusait son éducation bourgeoise”, a expliqué un enquêteur, “cela tient plus d’un conflit de génération où le contexte de la drogue n’a rien à voir”. L’avocate du fils, Me Emmanuelle Kneuzé, a assuré jeudi sur France Info que cette version liée à la drogue n’était pas fondée. “On a écrit (…) que cette affaire reposait sur un prétendu conflit financier (…) on a également dit que c’était un garçon qui était un grand consommateur de drogue, tout cela est parfaitement inexact”, a-t-elle assuré. “C’est un dossier dont le ressort principal est un ressort psychologique”, a-t-elle ajouté, évoquant “une relation entre le père et le fils qui était manifestement très complexe”.

Une cérémonie religieuse est prévue vendredi à l’Eglise Saint-Sulpice à Paris à la mémoire de Bernard Mazières, qui avait quitté il y a un an ses fonctions au Parisien. Il avait été retrouvé mort par sa femme de ménage, dans la chambre de son fils, avec qui il vivait. L’autopsie avait confirmé que M. Mazières était mort le crâne fracassé par un objet contondant et qu’il avait été poignardé à la gorge. Aucune trace d’effraction n’avait été relevée par les enquêteurs.
Ce meurtre avait suscité l’émotion de la classe politique.
Fils d’André Mazières, éditorialiste politique de la Charente Libre, Bernard Mazières avait notamment travaillé à FR3 (aujourd’hui France 3) à Strasbourg avant de participer à l’aventure des radios libres en 1981, à Radio-Express, lancée par l’hebdomadaire éponyme. Il y avait ensuite rejoint le service politique avant un bref passage à Radio Monte-Carlo (RMC). Embauché au Parisien en 1997, il y est resté jusqu’à sa retraite l’an dernier.

 

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