Subscribe

Attaqué sur sa droite et sa gauche, Hollande prépare sa riposte

Bloqué dans ses négociations sur le nucléaire avec les écologistes, attaqué aussi bien à droite qu’à gauche sur sa stature de présidentiable, François Hollande, qui traverse une passe délicate dans sa campagne, prépare une réplique rapide.

Le ministre Luc Chatel l’a traité de “Babar”, le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon a évoqué un “capitaine de pédalo” : le candidat PS pour 2012 a essuyé ce week-end un flot de remarques désobligeantes, suggérant un manque de capacité pour être aux manettes de l’Etat. En cause: ses tractations avec Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui achoppent sur la question nucléaire et ses déclarations suggérant que la France allait être dégradée par les agences de notation. “La droite se défoule. Nous lui répondrons”, a répliqué le porte-parole du PS Benoît Hamon, assurant que François Hollande serait “là en temps et en heure”.

La réponse devrait arriver cette semaine, très probablement mercredi avec la présentation de l’organigramme de campagne du vainqueur de la primaire. Pierre Moscovici, qui devrait en être le directeur, assure : “La droite a ses snipers mais on va répondre, rendre coup pour coup”. Selon les deux responsables, toutes les sensibilités PS seront présentées dans le staff du candidat, dont la communication devrait revenir à Manuel Valls, représentant de l’aile droite du parti. “Il n’y a pas de problème pour qu’on travaille ensemble”, a déclaré M. Hamon, lui à la gauche du PS.

Pendant ce temps, le candidat travaille son image. Il était vendredi dans la Marne pour célébrer le 11 novembre et s’opposer au projet de Nicolas Sarkozy de “Memorial Day”. Jusque fin décembre, il mènera “une campagne d’écoute et de proximité”. Et pour son entourage, l’enlisement des négociations avec les Verts n’est peut-être pas une mauvaise chose. En ne cédant pas aux écologistes sur l’EPR François Hollande a montré “les qualités d’un chef”, juge Pierre Moscovici. Le politologue Frédéric Dabi (Ifop) pense la même chose, estimant que cette fermeté affichée “peut casser son image de quelqu’un qui a du mal à décider”. “Ce bras de fer est très positif pour lui”, affirme aussi Gérard Grunberg (Cevipof).

Selon lui, “c’est un faux commentaire de dire qu’il est piégé” car “les écologistes prennent cent fois plus de risques que lui en refusant cet accord”, qui pourrait les priver de tout siège aux législatives. Idem pour Jean-Luc Mélenchon, qui pourrait finir par “se mettre mal avec les communistes” désireux de préserver leurs négociations pour des circonscriptions. Pour s’affirmer sur le plan international, deux déplacements du candidat ont été fixés avant la fin de l’année : à Bruxelles, fin novembre, et en Allemagne début décembre, à l’occasion du congrès du SPD (4 au 6 à Berlin).

Pour M. Grunberg, François Hollande doit maintenant “montrer sans tarder qu’il a non seulement du caractère mais qu’il a aussi des choses à dire sur l’architecture européenne”. Quant à sa baisse relative dans les sondages elle est, selon M. Dabi, “due essentiellement à une remobilisation de l’électorat de droite qui abandonne sa position de bienveillance relative” vis-à-vis du candidat du PS. “C’est presque mécanique, Nicolas Sarkozy étant à nouveau sous le feu des projecteurs”, dans la gestion de la crise, selon M. Grunberg.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related