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Atys de Lully revit grâce à un mécène américain

Le chef William Christie redonne à New York l’opéra qui avait amorcé la renaissance de la musique baroque, en 1987.

Il y a près de 25 ans, un chef américain depuis naturalisé français, William Christie, ressuscitait l’un des fleurons de la musique hexagonale : Atys, de Lully. Cette année, c’est un  milliardaire américain, Ronald P. Stanton, qui le ressuscite une seconde fois en finançant la moitié des coûts de production de l’opéra qui marque le début des célébrations des 150 ans de la Brooklyn Academy of Music (BAM). La production d’Atys en 1987 avait été synonyme d’un regain d’intérêt pour la musique baroque, alors tombée en désuétude.

Ronald P. Stanton permet à cette mythique production de revoir le jour, avec ceux qui en avaient assuré le succès : le chef d’orchestre William Christie et le metteur en scène Jean-Marie Villégier, et même le perruquier à la retraite Daniel Blanc. « Ça a été une lutte », se souvient William Christie. « C’est une grande satisfaction que cette musique que nous aimons et défendons ait trouvé sa place ». Depuis, de nombreux orchestres de musique ancienne ont essaimé sur le territoire français et la musique baroque fait partie des répertoires abordés dans les conservatoires. Les spectateurs, en France comme aux États-Unis où la formation dirigée par William Christie, les Arts Florissants, est très appréciée, « sont de plus en plus nombreux et de plus en plus connaisseurs », s’enthousiasme le chef qui réside en France depuis 1971.

Une signature

Mais parmi les amateurs, Atys occupe une place à part. Cet opéra créé en 1676 à la cour de Versailles est considéré comme la « signature » des Arts Florissants, et, pour beaucoup, comme le summum de la musique baroque. Cet opéra en 5 actes inspiré des Fastes d’Ovide retrace en creux la vie sentimentale de Louis XIV, qui a participé à sa création et chantait certains airs. Atys est Louis XIV qui respecte Cybèle (Madame de Montespan), dont il n’est plus amoureux depuis que Sangaride (Madame de Maintenon) est entrée dans son cœur.

William Christie feint de ne pas comprendre ceux qui pensent encore que la musique baroque, née à la cour du roi Louis XIV, est une musique d’élite : « Pas plus que Brahms ou Beethoven ! Toute la musique classique a un public moins nombreux que la variété ou la pop, c’est évident, mais je ne suis pas un missionnaire qui vais dire à X ou Y qu’il faut absolument écouter cette musique parce que c’est la meilleure », ajoute t-il. Sa tactique depuis des années est plutôt de mettre son exigence au service de la musique, de façon à ce que personne ne soit déçu d’avoir payé une place, par curiosité ou par amour de la musique baroque.

Plus d’informations :

Site de la BAM

Atys au gala d’ouverture le dimanche 18 à 15h, et les mardi 20, mercredi 21, vendredi 23 et samedi 24 à 19h30

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