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Au 4ème jour de grève des agents de sûreté des aéroports français, le conflit reste dans l’impasse

Les agents aéroportuaires poursuivent leur grève, perturbant le trafic de grands aéroports comme Lyon, Roissy et Toulouse. Aucune issue au conflit ne se dessine pour l’instant, après l’annulation de la réunion de négociation prévue lundi après-midi.

L’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, le quatrième du pays, reste le plus affecté par le mouvement de grève nationale inter-entreprises entamé vendredi par des agents de sûreté chargés du contrôle des bagages et passagers avant l’embarquement. A Saint-Exupéry, la situation s’est néanmoins améliorée, alors que samedi et dimanche, aucun vol n’avait pu décoller le matin : aujourd’hui, “à 11 heures, tous les vols programmés à partir de 8 heures ont pu décoller avec moins d’une heure de retard. L’ensemble du programme normal devrait pouvoir être assuré et atteindre plus de 80% des vols au départ assurés”, selon la direction de l’aéroport.

Mais les grévistes ont dénoncé le recrutement d’agents extérieurs pour “briser la grève” et qui, selon eux, n’ont pas la formation requise, constituant un “manquement à la sécurité”. Des informations démenties par un porte-parole de la direction générale de l’aviation civile (DGAC).

A Roissy, de nouvelles attentes (entre 30 et 45 minutes) aux postes de contrôle et retards restent à prévoir, selon Aéroports de Paris (ADP). Les perturbations sont concentrées sur les vols internationaux au terminal 2. A 15 heures, sur les 630 vols programmés au départ de Paris-Charles-de-Gaulle, 348 avaient décollé, selon ADP. A Toulouse-Blagnac, des retards d’une vingtaine de minutes environ ont été enregistrés dans la matinée, d’après la direction qui dit craindre des délais plus importants dans l’après-midi notamment pour les navettes avec Paris.

La réunion de négociation annulée

Les syndicats des entreprises de sûreté avaient lancé un préavis de grève national reconductible à compter de vendredi dans leurs différentes entreprises (ICTS France, Securitas, Brink’s, Alyzia Sûreté, I Sec, Vigimark, Samsic, Serris, Securus), qui emploient 10 000 salariés, exigeant des négociations au niveau de la branche sur les salaires et conditions de travail.

Mais aucune sortie de conflit ne se dessine cet après-midi. Le Syndicat des entreprises de sûreté aérienne et aéroportuaire (SESA) avait en effet proposé aux syndicats une réunion de négociation conditionnée à la reprise du travail, avant de l’annuler faute de levée du préavis de grève. Le patronat indique  être “prêt à engager une concertation sur le thème des conditions de travail” mais juge les demandes d’augmentation de salaires “totalement irréalistes”. En face, Christine Hamiani, déléguée CGT Brink’s réagit : “ils refusent absolument de négocier sur la problématique des salaires et sur l’amélioration des conditions de travail, or c’est la raison fondamentale de notre mouvement”. “Les salariés sont prêts à se battre jusqu’au bout parce qu’ils en ont ras-le-bol”. “Cela fait des années que nous demandons que soit réformé le reversement de la taxe aéroportuaire de sûreté, prélevée sur chaque billet, pour obtenir les moyens nécessaires à notre mission de sûreté”, ajoute-t-elle.

Nice, Mulhouse et Rennes rejoignent le mouvement

Le mouvement va donc se poursuivre demain et s’étendre à d’autres villes, dont Nice, troisième aéroport du pays, et Mulhouse, indiquent les syndicats.  Un préavis de grève qui prendra effet en fin de semaine aurait aussi été déposé à Rennes. “Tant que le Sesa (syndicat patronal, ndlr) n’aura pas ouvert de négociations et ne nous reçoit pas pour vraiment négocier sur nos revendications, on ne lâchera pas l’affaire”, déclare Mohamed El Ammari, délégué syndical CFDT chez ICTS à Roissy. Exiger des syndicats qu’ils lèvent leur préavis de grève pour négocier, “c’est du chantage”, estime-t-il. “On campe sur nos positions et on garde notre préavis au niveau national.”

“On sait très bien que, si on cède aujourd’hui, on restera dans la même spirale et on n’obtiendra rien et on continuera à nous traiter comme si nous étions du bétail”, commente Christine Hamiani.

Devant à ces perturbations, le gouvernement a relancé l’idée d’encadrer le droit de grève dans l’aérien, comme c’est le cas dans les transports terrestres, option contestée par la fédération FO des transports alors qu’Eva Joly, candidate EELV à la présidentielle a préconisé l’obligation de négocier avant d’avoir recours à la grève. Il s’agirait notamment d’imposer aux grévistes de se déclarer 48 heures à l’avance et aux entreprises d’informer les passagers sur l’état prévisible du trafic 24 heures avant la grève.

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