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Au Mali, l’armée française harcèle les islamistes et progresse vers le nord

Deux semaines après le début de son intervention au Mali, l’armée française a infligé des coups sévères aux groupes islamistes et progresse vers le nord pour accompagner la reconquête du territoire par les forces maliennes.

Les objectifs fixés sont “atteints et respectés”, a affirmé vendredi depuis Buenos Aires le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, écartant tout “risque d’enlisement”.

Avec 2500 hommes et des dizaines de blindés déjà sur le terrain, des frappes aériennes continues, l’état-major affiche sa confiance sur la capacité de ses troupes à briser les positions et désorganiser les réseaux jihadistes.

Après le “coup d’arrêt” initial à l’offensive des islamistes, les soldats maliens et français gagnent du terrain et s’approchaient de Gao, une des principales villes du Nord du Mali occupées par des jihadistes.

“On est en phase de reconquête du territoire. Vu les spécificités du terrain, les Français savent très bien faire et ils contrôlent l’espace aérien”, analyse Pascal Le Pautremat, spécialiste des questions de défense.

Les dix avions de combat Rafale et Mirage 2000 stationnés à Bamako et N’Djamena poursuivent leurs frappes aériennes contre les bases arrières des islamistes, postes de commandement, dépôts de munitions et de carburants, jusqu’à Tombouctou.

Objectif affiché: “casser au maximum Aqmi”, Al-Qaïda au Maghreb islamique, considéré comme l’ennemi N°1, selon un haut responsable de la défense, qui souligne les “résultats significatifs” des frappes, notamment à Gao et Tombouctou.

Parallèlement, le dispositif terrestre monte en puissance. Plus de 120 véhicules, blindés légers, transports de troupes, vont gonfler dans les jours qui viennent le matériel déjà déployé. Et Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a rencontré vendredi à Miramas (Bouches-du-Rhône) plusieurs centaines de soldats en partance pour le Mali, où les effectifs français devraient rapidement dépasser les 3.000 hommes. La Défense se refuse en revanche à confirmer l’envoi prochain de chars Leclerc.

Deux semaines après les premiers affrontements, la France n’a eu par ailleurs qu’un seul de ses soldats, un pilote d’hélicoptère, tué au combat, peu après le début de l’intervention, et ne déplore officiellement aucun blessé.

La quantité de matériel déployé montre également la volonté politique d’exposer le moins possible les militaires, pour conserver notamment l’appui de l’opinion, toujours vacillant en cas de pertes sur le terrain.

Jusqu’à présent, les soldats français n’ont en fait eu que très peu de contacts directs avec les combattants islamistes. Les hommes des Forces spéciales procèdent en revanche au repérage de cibles qui sont détruites ensuite par l’aviation.

Le but martelé par les responsables de la défense est de passer au plus vite le relais à la force des pays africains, pour qu’elle tienne le territoire jusqu’à ce que l’armée malienne ait été reconstituée.

Environ 1750 hommes de la force internationale de soutien au Mali (Misma) et de l’armée tchadienne étaient déjà déployés vendredi au Mali et au Niger. “Il faut que la Misma soit déployée rapidement et de manière significative. Mais derrière, il y a un manque criant de moyens lourds. Tout l’appui en moyens aériens et en artillerie lourde va être assuré par les Français”, souligne Pascal Le Pautremat.

Dans leur progression vers le nord, les forces françaises redoutent des actions de guérilla des islamistes, attentats ou prises d’otages, y compris contre des civils. Autre préoccupation: d’éventuelles exactions de l’armée malienne, qui compromettraient sur le plan politique les gains réalisés sur le terrain.

 

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