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Au Sénat américain, le nucléaire au coeur des discussions sur le climat

A moins d’un mois de la conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique, la question de la relance aux Etats-Unis de l’énergie nucléaire pourrait faire figure d’argument clé pour débloquer les discussions au Sénat sur la loi sur le climat.

Après avoir essuyé la semaine dernière un boycott de l’opposition républicaine en commission, le projet de loi démocrate qui était examiné pour la première fois au Sénat, semblait dans l’impasse.

Face à ces débuts chaotiques, le sénateur John Kerry, principal auteur du texte, a accepté de revoir sa copie. Il a annoncé qu’il allait travailler avec le républicain Lindsey Graham et l’indépendant Joe Lieberman sur un nouveau texte susceptible d’obtenir les ralliements de républicains, notamment grâce au nucléaire.

Lundi, le républicain Lamar Alexander et son collègue démocrate Jim Webb présenteront de leur côté un plan visant à promouvoir “la recherche et le développement des techniques d’énergie propres du pays” dont le nucléaire, ont annoncé vendredi leurs bureaux.

Les deux sénateurs s’exprimeront dans la matinée de lundi devant la conférence de l’American Nuclear Society, une organisation indépendante, aux côtés du secrétaire américain à l’Energie Steven Chu.

Mardi dernier au Capitole, M. Kerry a affirmé devant le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon que le Sénat aurait fixé “les grandes lignes” du projet de loi sur les changements climatiques avant la conférence de Copenhague en décembre.

M. Graham a estimé que dans le nouveau projet de loi, “la partie nucléaire doit créer une renaissance de l’énergie atomique qui doit nous aider à résoudre le problème du climat, en même temps que cela créera des millions d’emplois”.

Le projet de loi approuvé par la commission de l’Environnement la semaine dernière, sans les voix de l’opposition, contient des mesures visant à développer l’énergie nucléaire aux Etats-Unis, mais pas suffisamment aux yeux des républicains.

Même chose pour le texte adopté à la Chambre des représentants en juin qui ne prévoit pas d’effort significatif sur le nucléaire.

“L’énergie nucléaire doit être une composante essentielle de la production d’énergie si on veut atteindre les objectifs de réduction des émissions” de gaz à effets de serre, a écrit M. Kerry dans un éditorial dans le New York Times co-signé avec le sénateur Graham le mois dernier.

Carol Berrigan, un responsable de l’Institut de l’énergie nucléaire (NEI), qui représente ce secteur, a dit mardi devant la commission des Finances du Sénat — qui devra se prononcer sur le projet de loi — que “le retour du nucléaire va provoquer une demande croissante pour les emplois qualifiés à tous les niveaux”.

Les réacteurs nucléaires américains fournissent environ 20% de l’électricité produite dans le pays, selon la World Nuclear Association. Au premier rang mondial, la France produit environ 80% de son électricité dans des centrales nucléaires.

La France, qui construit actuellement des réacteurs EPR de troisième génération, est souvent citée en exemple par les hommes politiques américains, en particulier à droite. Ceci malgré des critiques émises récemment par des autorités de sûreté nucléaire.

En l’état, le plan de réduction des gaz à effet de serre au Sénat prévoit une réduction des émissions de 20% en 2020 par rapport aux niveaux de 2005, contre 17% pour le texte de la Chambre.

Outre le nucléaire, les discussions au Sénat devraient porter sur le recours au forage en mer et les techniques de séquestration géologique du dioxyde de carbone.

 

 

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