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Audiovisuel extérieur de la France : la position intenable de Christine Ockrent

La position de Christine Ockrent, numéro deux de l’Audiovisuel extérieur de la France, apparaît désormais intenable dans le conflit qui l’oppose à son patron Alain de Pouzilhac, à la veille d’assemblées générales à France 24 qui pourraient déboucher sur une motion de défiance.

Face au malaise grandissant de la rédaction de la chaîne et à des rebondissements dignes d’un thriller, l’intersyndicale a convoqué pour mercredi une assemblée générale en deux temps, afin de joindre un maximum de salariés qui devraient être appelés à voter. Dernière péripétie en date de cette lutte au sommet, 11 directeurs et directeurs adjoints de France 24 ont fait savoir mardi à Christine Ockrent qu’ils lui retiraient leur confiance et ne participeraient plus aux réunions en sa présence. La directrice déléguée de l’AEF (qui chapeaute France 24, RFI et une partie de TV5 Monde) s’est dite “choquée par le procédé”.

Parallèlement, une pétition internet circule dans la rédaction pour demander à ce que “toute la lumière soit faite” sur l’affaire d’espionnage informatique pour laquelle une proche collaboratrice de Mme Ockrent a été licenciée. Fin novembre des experts mandatés par la direction de l’AEF ont découvert dans son ordinateur des fichiers provenant des serveurs de l’AEF. Une enquête est en cours. “S’il s’avère qu’un ou des membres de la direction aient eu connaissance de ces actes, les aient laissé perdurer ou en aient tiré un quelconque profit personnel, alors ce lien de confiance serait irrémédiablement rompu”, avertit le texte signé par 73 journalistes sur une rédaction qui en compte 280. Christine Ockrent a toujours qualifié “d’infondées” ces accusations d’espionnage et réfuté des “allégations attentatoires” à son “honneur”. 
Déléguée du SNJ CGT de France 24, Sabine Mellet n’hésite pas à parler “d’instumentalisation”. “Quand vous voyez des directeurs (signataires de la lettre de défiance envers Mme Ockrent, ndlr) qui ont été capables de tout pour Christine Ockrent et qui sont aujourd’hui capables de tout pour Alain de Pouzilhac, je refuse catégoriquement de soutenir l’un ou l’autre”, dit-elle à l’AFP. “C’est scandaleux d’en arriver à ça alors qu’on a des tonnes de chantiers en préparation”, ajoute-t-elle. “C’est ubuesque, la rédaction est consternée par les fuites organisées par la direction pour régler ses comptes”, renchérit Alexander Pigman président de la société des journalistes de France 24. “Depuis le départ de son équipe, Christine Ockrent était loin d’être présente, elle ne faisait plus partie du quotidien de la chaîne. Mais ce qui nous surprend c’est que ce règlement de comptes a continué”, observe-t-il.
Mardi, la direction de France 24 ne faisait aucun commentaire.

En septembre le directeur de la rédaction Vincent Giret, un proche de Mme Ockrent, avait été limogé et remplacé par Jean Lesieur, aujourd’hui signataire avec d’autres directeurs de la lettre à Mme Ockrent.
A RFI, autre entité de l’AEF, une motion de défiance à l’encontre de la direction a été votée par les salariés le 13 mai 2009. “On n’a pas à choisir entre Pouzilhac ou Ockrent, ils ont été nommés ensemble et sont responsables de la même politique. Comme la gestion catastrophique du plan social à RFI, les problèmes de France 24 sont leur responsabilité commune”, insiste Pascal Paradou, délégué du personnel SNJ de la radio.
Le tandem Alain de Pouzilhac-Christine Ockrent a été choisi en 2007 par le président Nicolas Sarkozy.

 

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