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Aux Etats-Unis, le football en plein essor

La rencontre de mardi soir entre les New York Red Bulls et l’Olympique Lyonnais (2-2) aura été l’occasion d’observer de plus près la place qu’occupe aujourd’hui le football au sein de la culture sportive américaine. Retour sur l’ampleur du phénomène “soccer” aux Etats-Unis.

A une heure du coup d’envoi, quelques supporters américains des New York Red Bulls et une dizaine d’expatriés français vivant à New York discutent aux abords du stade. “L’Olympique Lyonnais aura beaucoup de mal à tenir la distance cette saison avec le Paris Saint-Germain et l’AS Monaco qui recrutent des stars à tour de bras”, souligne Brad, supporter de l’équipe locale. La répartie du New-Yorkais et sa bonne connaissance de l’actualité du football français surprennent visiblement les quelques supporters lyonnais. “C’est vrai que l’on a un peu tendance à penser que ce pays ne connaît rien au foot, mais ce constat n’est plus vraiment d’actualité”, sourit François, installé à New York depuis 12 ans et supporter lyonnais de la première heure.

L’essor du soccer

L’attrait du football s’est développé très vite aux Etats-Unis. Tout a commencé en 2010, lorsque “l’excellent parcours de la sélection nationale à la Coupe du monde en Afrique du Sud a déclenché un phénomène sans précédent dans le pays.”, explique le sociologue du sport Jay Coakley, professeur à l’Université du Colorado, présent en tribune hier soir au Red Bull Arena. “Les bars étaient bondés à tous les matches, le New York Times avait même fait sa Une sur la qualification des Etats-Unis pour les huitièmes de finale. C’était du jamais vu !” Face à l’ampleur de ce nouvel attrait, les chaînes américaines surfent sur la vague et investissent massivement dans les droits télévisuels des championnats européens. Depuis 3 ans, 300 millions de dollars ont ainsi été investis par NBC, ESPN et BeInSport USA, contre 40 millions seulement dans les années 1990. L’émergence de la Major League Soccer, qui a accueilli des stars planétaires comme Thierry Henry et David Beckham, a en outre permis de jeter les bases d’une culture footballistique à la “sauce américaine” et de déclencher la ferveur des supporters.

Un engouement comparable à celui en Europe

Cet intérêt croissant pour le ballon rond attire aujourd’hui de grosses écuries européennes, telles que le FC Barcelone et le Real Madrid, qui organisent régulièrement des rencontres amicales outre-Atlantique. C’est ainsi que quelque 13 000 spectateurs ont pu profiter d’un niveau de jeu intéressant hier soir au Red Bull Arena. “On aura eu droit à un bon moment de football”, se réjouit Patrick, expatrié français installé dans le Connecticut, qui est venu profiter de ce duel franco-américain en famille. “Je n’avais jamais assisté à un match depuis mon arrivée en 2000, et j’ai été agréablement surpris. L’engouement est exactement le même qu’en France, et les groupes de supporters locaux s’apparentent aux nôtres”, souligne-t-il. Au coup de sifflet final, Brad, François et leurs amis respectifs se retrouvent à la sortie du stade pour refaire le match. Ils ne défendent pas les mêmes couleurs mais vivent la même passion. “Nous avons échangé nos contacts et pris rendez-vous dès ce week-end pour regarder un match ensemble.”

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