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Aviation militaire : l’Inde écarte Boeing et Lockheed Martin au profit du Rafale et de l’Eurofighter

L’Inde a présélectionné le Rafale du groupe français Dassault Aviation et le consortium européen Eurofighter pour un gigantesque contrat d’armement de 12 milliards de dollars, plaçant hors jeu les deux poids lourds américains du secteur, Boeing et Lockheed Martin.

“Le Rafale et Eurofighter ont été sélectionnés et les quatre autres groupes sont écartés”, a déclaré jeudi une source au sein du ministère de la Défense, faisant référence au russe MiG, aux deux groupes américains et au suédois Saab. “Les motifs de leur mise à l’écart leur ont été envoyés individuellement”, a ajouté cette source sous couvert d’anonymat, précisant que le contrat final devrait être signé d’ici mars 2012.

Dassault, qui tente d’exporter son Rafale dans plusieurs pays étrangers, jusqu’à présent en vain, n’était pas joignable dans l’immédiat pour commentaire. L’Eurofighter-Typhoon est un avion de combat produit par un consortium formé par le groupe européen de défense et d’armement EADS (46%), le britannique BAE Systems (33%) et l’italien Alenia/Finmeccanica (21%).

Les six plus grands groupes mondiaux de l’aéronautique s’étaient lancés dans une bataille acharnée pour fournir à l’Inde 126 avions de chasse dans le cadre de son vaste programme de modernisation de ses forces armées, estimé par le cabinet KPMG à 112 milliards de dollars d’ici 2016. Le contrat dispose que l’Inde achète directement 18 avions d’ici à 2012 tandis que les 108 autres seront construits en Inde. Il figure parmi les plus importants lancés par la troisième puissance économique d’Asie. Une manne telle que le pays fut au coeur des récentes visites présidentielles effectuées en Inde par les présidents français Sarkozy, russe Medvedev et américain Obama.

L’ambassade américaine à New Delhi a confirmé jeudi que Boeing et son avion de combat F/A-18IN Super Hornet, ainsi que Lockheed Martin, avec son F-16, ont été écartés de l’appel d’offres, lancé par l’Inde en 2007. “Nous sommes profondément déçus de cette nouvelle”, a reconnu dans un communiqué l’ambassadeur américain Timothy Roemer, qui a par ailleurs annoncé sa démission pour des raisons personnelles, après avoir été deux ans en poste.

Le diplomate a précisé avoir “été personnellement assuré, au plus haut niveau du gouvernement indien, du fait que le processus d’acquisition a été, et sera, transparent et juste”.

En mars dernier, une étrange affaire impliquant Dassault Aviation en Inde avait par ailleurs défrayé la chronique économique. Un porte-parole de l’armée de l’air avait déclaré que le principal représentant de l’avionneur français en Inde, notamment en charge de promouvoir le Rafale, était désormais persona non grata au siège de l’armée. Le motif: une tentative de soudoiement d’un montant de 20.000 roupies, soit 317 euros, aurait eu lieu lors du salon aéronautique de Bangalore (sud) en février pour obtenir un meilleur emplacement du groupe sur le salon.

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