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Ban KI-Moon presse le président afghan d’agir pour la bonne gouvernance

Le chef de l’ONU Ban Ki-moon presse, dans un entretien exclusif à l’AFP, le président afghan Hamid Karzaï de dévoiler mardi à Kaboul lors d’une conférence internationale les actions concrètes qu’il entend engager pour améliorer la bonne gouvernance du pays.

“Nous attendons du président Karzaï et de son gouvernement qu’ils parviennent à un plan d’action concret sur la manière d’améliorer la bonne gouvernance, de promouvoir une réconciliation plus poussée et d’améliorer la situation sécuritaire dans le pays”, a dit le secrétaire général de l’ONU. Ban Ki-moon –qui présidera avec Hamid Karzaï la conférence de Kaboul au cours de laquelle le gouvernement afghan et les représentants de plus de 60 pays donateurs tenteront de s’accorder sur les priorités de développement et l’avenir du pays déchiré par la guerre– a assuré que l’avenir de l’Afghanistan restait pour la communauté internationale et l’ONU une “priorité de premier ordre”. “Nous avons pressé le président Karzaï d’en faire plus pour la bonne gouvernance, et en particulier de lutter contre la corruption dans le pays et d’en faire plus pour promouvoir la réconciliation”, a dit M. Ban, insistant sur le fait que la communauté internationale soutenait le programme lancé par Hamid Karzaï consistant à entamer des discussions de paix avec les talibans modérés. “Mais cela ne va pas se faire sans conditions”, a-t-il déclaré, soulignant qu’il fallait que les combattants modérés renoncent à la violence, acceptent la constitution afghane et coupent tous liens avec le réseau Al-Qaïda. “Ce processus de réconciliation avec les talibans doit être mené par les Afghans. Mais les Nations unies et la communauté internationale sont prêts à aider”, a-t-il ajouté. La conférence de Kaboul doit marquer une nouvelle étape dans le lent processus d’émancipation du gouvernement afghan, censé à l’avenir pouvoir diriger le pays et se défendre seul une fois que les troupes américaines et de l’Otan qui y sont déployées depuis la fin 2001 auront quitté le pays. “Cela va être un défi énorme”, a estimé M. Ban, ajoutant que l’ONU allait continuer à jouer en Afghanistan un rôle de coordination majeur dans les domaines civil et socio-économique. “Nous aidons (les Afghans) à se préparer jusqu’à ce qu’ils soient capables se maintenir debout tout seuls”. Le conflit afghan “ne peut pas être résolu uniquement par des moyens militaires”, a-t-il estimé. “Il doit y avoir une stratégie d’ensemble”. Il a ajouté qu’il avait à plusieurs reprises demandé au président afghan “d’améliorer et de garder de bonnes relations avec les pays voisins, et en particulier avec le Pakistan”. Enfin, M. Ban s’est dit inquiet de la sécurité du personnel de l’ONU dans le pays. En octobre dernier cinq employés de l’organisation avaient été tués dans un attentat perpétré par les talibans. “En raison des graves inquiétudes concernant la sécurité, nous avons des problèmes de postes vacants”, a-t-il notamment indiqué.

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