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Barack Obama affiche à nouveau sa colère face à la marée noire

Le président américain Barack Obama a effectué vendredi une nouvelle visite en Louisiane pour constater les dégâts de la marée noire et rappeler ses obligations à BP, qui a enfin enregistré un succès en plaçant un entonnoir sur le conduit à l’origine de la catastrophe.

Il s’agissait de la troisième visite sur place de M. Obama depuis le début de la marée noire dans le golfe du Mexique.

A cette occasion, le président américain a laissé transparaître sa colère envers le groupe britannique.

“Il y a des informations selon lesquelles BP va verser 10,5 milliards, je dis bien milliards (de dollars) de dividendes”, a ajouté M. Obama, rappelant que BP avait “des obligations morales et légales ici dans le golfe”.

M. Obama recevra jeudi à la Maison Blanche les familles des onze personnes tuées après l’accident survenu sur la plateforme exploitée par BP et dont le naufrage le 22 avril a provoqué la marée noire.

Après avoir essuyé échec sur échec pour stopper l’écoulement du pétrole, le groupe britannique a posé avec succès jeudi soir un entonnoir sur le puits.

BP affichait vendredi un optimisme modéré, soulignant que cette pièce venait juste d’être posée à une profondeur rendant toute opération incertaine (1.500 mètres). Le directeur d’exploitation de BP, Doug Suttles, a indiqué que l’on saurait “dans la journée” si la méthode fonctionne.

Le groupe a affirmé que l’entonnoir devrait sans doute permettre de réduire l’écoulement à moins de 160.000 litres par jour, contre 2 à 3 millions selon les estimations actuelles.

BP compte ensuite sur la construction de deux puits de secours qui devraient être opérationnels à la mi-août pour stopper définitivement la fuite.

Après avoir lourdement touché la Louisiane, et dans une moindre mesure l’Alabama et le Mississippi, des traces de pétrole ont été repérées vendredi sur des plages du nord-ouest de la Floride et les autorités tentent de déterminer si elles proviennent de la marée noire.

D’ores et déjà, une déclaration “de catastrophe pour la pêche” a été approuvée en Floride.

Dans cet Etat, un sanctuaire de pélicans a été atteint par la marée noire qui a englué 60 oiseaux, dont 41 pélicans. Le gouverneur de Floride Charlie Crist a demandé vendredi une aide de 100 millions de dollars à BP pour faire face à la catastrophe.

Un groupe de 50 experts américains et canadiens a recommandé par ailleurs de continuer à utiliser des dispersants pour lutter contre la catastrophe, soulignant qu’à choisir, ces produits étaient encore moins nocifs que le pétrole. Près de 4 millions de litres de dispersants ont été utilisés jusqu’ici et leur usage fait débat en raison des risques pour l’environnement.

Dans le même temps, le directeur général de BP Tony Hayward était dans le collimateur de la presse américaine, un journaliste du Washington Post appelant même au départ du dirigeant. “A ce stade, comment quelqu’un peut-il croire un mot de ce qu’il dit?”, écrit-il.

Comme pour répondre aux critiques, M. Hayward a formé vendredi une équipe spéciale chargée notamment de l’après-crise (estimation des dégâts, poursuite du nettoyage…), avec à sa tête Robert Dudley, directeur exécutif du groupe et citoyen américain.

Elle servira également à “reconstruire la réputation de BP comme une entreprise citoyenne responsable aux Etats-Unis”, a indiqué un porte-parole du groupe, Robert Wine.

 

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