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Barack Obama blâme l’économie après la défaite des démocrates

Le président Barack Obama, qui s’adressait aux Américains mercredi au lendemain d’une cuisante défaite électorale, a mis ce revers sur le compte de l’économie et refusé d’y voir un désaveu pour ses réformes.

Quelques heures après la victoire des républicains, qui ont raflé la majorité à la Chambre des représentants mais pas au Sénat, M. Obama s’est dit prêt à travailler avec ses adversaires lors d’une conférence de presse où il s’est dit “triste” pour le revers infligé à son camp. Alors que le décompte des bulletins de vote se poursuivait, les estimations accordaient aux républicains une soixantaine de sièges supplémentaires à la Chambre des représentants, où ils contrôleraient environ 240 sièges sur 435. Il leur suffisait de gagner 39 sièges pour prendre la majorité. “Nous avons stabilisé l’économie. Nous avons créé des emplois dans le secteur privé”, s’est défendu le président devant la presse réunie à la Maison Blanche. Il a toutefois dit “comprendre le mécontentement” populaire et a assuré que “les Américains ne ressentent pas les effets de ces progrès”. Et le président a estimé que les démocrates devaient “assumer la responsabilité directe pour le fait que nous n’avons pas avancé autant que nécessaire” sur l’économie.

Selon un sondage sortie des urnes, 62% des électeurs américains ont affirmé que la situation économique était en tête de leurs préoccupations lors du scrutin. Deux ans après son élection, le président est condamné au compromis avec ses adversaires pour faire aboutir ses réformes au Congrès, sur l’énergie et les changements climatiques, l’immigration ou encore l’éducation. Grand vainqueur de la soirée électorale, le chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, John Boehner — qui devrait succéder en janvier au perchoir à la démocrate Nancy Pelosi — a également donné une conférence de presse mercredi depuis le Capitole. M. Boehner, qui a également dit vouloir travailler avec le président, a répété que les républicains entendaient remettre en cause la réforme de la couverture maladie adopté par le Congrès en mars.

La victoire des républicains, qui ont surfé sur la dynamique ultra-conservatrice du “Tea Party” en pleine crise économique, est plus importante que celle de 1994 sous Bill Clinton, où la droite avait raflé 52 sièges à la Chambre. Les électeurs qui avaient porté les démocrates au pouvoir lors des dernières élections de mi-mandat en 2006 contre le président George W. Bush, ont fait défaut cette année au parti du président Obama. Selon un sondage réalisé par Edison Research et cité par le Wall Street Journal, les femmes, les classes moyennes, les Blancs, les personnes âgées et les indépendants sont les catégories qui ont le plus reporté leurs voix sur les républicains. Les deux partis obtiennent ainsi chacun 49% du vote des femmes à la Chambre, alors qu’en 2006 les démocrates avaient bénéficié d’un avantage de 12 points. Chez les indépendants, qui avaient majoritairement voté démocrate en 2006, la proportion est cette année de 55% pour les républicains contre 40% pour les démocrates.

Maigre consolation pour M. Obama à deux ans de la présidentielle de 2012, sa popularité ne semble pas entamée: seuls 37% des votants disent s’être prononcés par opposition à lui. Les autres disent avoir voulu soutenir le président (24%) ou bien qu’il n’avait rien à voir avec l’enjeu du scrutin (37% également). Le scrutin révèle une poussée à droite de l’électorat, notamment au sein du parti républicain, dont au moins deux candidats issus du “Tea Party” font leur entrée au Sénat.

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