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Barack Obama choisit Elena Kagan pour siéger à la Cour suprême

Barack Obama a annoncé lundi qu’il nommait Elena Kagan à la Cour suprême, saluant son « excellence » et son « intégrité » lors d’une allocution solennelle à la Maison Blanche au côté de sa candidate, dont la nomination devra être confirmée par le Sénat.

Elena Kagan, 50 ans, est l’actuelle Solicitor General, c’est-à-dire l’avocate de l’administration auprès de la Cour suprême. Elle est la première femme à exercer cette fonction.

Cette expérience a représenté un avantage pour sa candidature au poste de juge à la Cour suprême. Elle était en lice avec les juges Diane Wood, Sidney Thomas et Merrick Garland.

Elena Kagan devra voir sa nomination confirmée par le Sénat où les républicains disposent d’une minorité de blocage. Respectée par les avocats conservateurs et libéraux, elle est parfois considérée comme une femme de dialogue, capable de créer un concensus. Mais lors de sa nomination au poste d’avocate de l’administration auprès de la Cour suprême, 31 républicains avaient votés contre elle.

M. Obama a exhorté l’assemblée à soutenir sa candidate au delà des partis et à entériner rapidement cette nomination. Mais les républicains, à moins de six mois d’élections législatives dont ils escomptent d’importants gains en sièges, ont laissé dès lundi entrevoir une bataille sans concessions.

« Mme Kagan constitue un choix surprenant en raison de son manque d’expérience judiciaire. La plupart des Américains pensent qu’une expérience judiciaire est nécessaire pour devenir un juge à la Cour suprême », a ainsi affirmé le sénateur républicain John Cornyn.

Si sa nomination est confirmée, cette New-Yorkaise diplomée de l’université d’Oxford et de Harvard deviendrait la quatrième femme et la huitième juge juive dans l’histoire de la Cour suprême.

Elle serait la benjamine de la Cour suprême, remplacant le doyen, le démocrate John Paul Stevens. Considéré comme un pilier progressiste de la Cour, il a annoncé à presque 90 ans sa décision de quitter ses fonctions au début de l’été, offrant ainsi à Barack Obama sa deuxième opportunité de nommer un juge à la Cour suprême.

« Si l’on ne peut pas avoir la présomption de remplacer la sagesse ou l’expérience du juge Stevens, j’ai sélectionné une candidate qui, à mon avis, personnifie les mêmes excellence, indépendance, intégrité et passion pour la loi, et qui pourra en fin de compte apporter le même genre d’influence déterminante à la Cour », a expliqué M. Obama. « Elena est considérée comme l’un des esprits juridiques les plus brillants du pays », a-t-il ajouté.

Défendant les références professionnelles de Mme Kagan, qui a la singularité de ne pas avoir été magistrate, contrairement à tous ceux qui pourraient devenir ses collègues, M. Obama a remarqué qu’elle était « une pionnière, la première femme doyenne de la faculté de droit de Harvard », université de renommée mondiale.

Mais M. Obama a aussi loué « l’ouverture » de Mme Kagan à « des points de vue très différents » et salué sa capacité à « bâtir le consensus », autant d’appels du pied à des élus républicains armés d’une minorité de blocage au Sénat.

Mme Kagan a remercié le président Obama pour « l’honneur » qu’il lui faisait. Elle a en particulier affirmé que « le droit est important, car il assure notre sécurité, protège nos droits et libertés fondamentaux et constitue le socle de notre démocratie ».

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