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Barack Obama embourbé dans la dette

Barack Obama devait prendre ses compatriotes à témoin lundi dans sa lutte contre les républicains pour arracher un relèvement du plafond de la dette, avant de retrouver ses adversaires pour tenter de stopper le compte à rebours vers un défaut de paiement.

Au lendemain d’une réunion de plus avec les chefs de file du Congrès qui n’a accouché d’aucun résultat tangible, M. Obama doit participer à une conférence de presse à 11 heures à la Maison Blanche, sa cinquième intervention publique sur le déficit en autant de jours ouvrables depuis le 5 juillet.

Il doit ensuite retrouver dans l’après-midi les chefs de file du Congrès pour une troisième séance de discussions au sommet sur ce dossier, depuis jeudi dernier.

Sauf évolution spectaculaire de sa position, M. Obama devrait une nouvelle fois défendre lundi ce qu’il appelle une “approche équilibrée” pour réduire la dette et le déficit de l’Etat fédéral américain, à savoir: des coupes dans les dépenses publiques mais aussi la fin des cadeaux fiscaux pour les plus aisés.

Barack Obama a exprimé son ambition de réduire la dette américaine de 4 000 milliards de dollars sur dix ans. Elle atteint actuellement 14 294 milliards et continue à gonfler au rythme du déficit budgétaire, qui doit s’afficher cette année à 1 600 milliards.

Les adversaires républicains de Barack Obama, majoritaires à la Chambre des représentants, refusent de laisser expirer les exemptions d’impôts héritées de l’ère du président George W. Bush, membre de leur camp, et estiment que les déficits doivent être réduits uniquement en taillant dans les dépenses.

Les républicains de la Chambre, et leur chef de file John Boehner en tête, ont prévenu qu’ils refuseraient d’entériner un relèvement du plafond de la dette si l’administration Obama ne concédait pas en échange des coupes supérieures au montant du relèvement du plafond.

M. Boehner, dont les troupes sont elles-mêmes divisées et comptent nombre d’élus soutenus par les ultra-conservateurs du “Tea Party”, a renoncé samedi à l’objectif des 4 000 milliards après avoir semblé l’entériner, prétextant qu’il était impossible à atteindre sans hausse de la fiscalité.

Le parlement doit absolument voter un relèvement du plafond de la dette avant le 2 août, faute de quoi la première économie mondiale ne pourra plus emprunter pour financer son déficit. L’exécutif a toutefois prévenu qu’un accord serait nécessaire avant le 22 juillet pour permettre à la procédure législative de parvenir à son terme.

Dimanche, Barack Obama a estimé impératif de parvenir à un accord dans les dix jours sur le relèvement du plafond de la dette. “Il le faut”, a-t-il répondu à un journaliste qui lui demandait si une telle éventualité était possible.

Tant la Maison Blanche que M. Boehner ont mis en garde contre les conséquences d’un défaut de paiement. Cette perspective inquiète aussi les marchés au moment où les problèmes de dette en Europe, après avoir touché l’Irlande, le Portugal et la Grèce, concernent désormais aussi l’Italie.

Un défaut de paiement à Washington provoquerait “des hausses de taux d’intérêt, des contrecoups énormes sur les Bourses, et des conséquences véritablement déplorables, pas simplement pour les Etats-Unis, mais aussi pour l’économie mondiale dans son ensemble”, s’est alarmée dimanche la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

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